Ayé ! J’ai encore lu un auteur vivant ! Ni une ni deux, j’en profite pour l’interviewer. ! C’est plus pratique pour les interviews : une fois mort il faut une table, un truc bizarre avec l’alphabet dessus et un machin en pointe, en un mot, c’est compliqué.

Biographie officielle :
« Jeff Balek est né en 1965 et vit à Paris. Il a effectué divers boulots, de la grande distribution à la publicité en passant par le milieu du X. »

STOOOOOOP !
Dans le X ? On peut pas dire qu’on le sent dans tes textes… Mais on s’égare. Reprenons.

« Instable, car ne trouvant aucun sens dans la course à l’argent ou au pouvoir, les deux seules activités auxquelles il a voué une véritable passion sont celles de sapeur pompier et l’écriture. »

X et pompier… je… comment dire… non en fait…

« Il est l’auteur des Histoires Noires du bout de la rue d’en bas (recueil de nouvelles), de Macadam Gonzo (roman), Lisa (roman), du Waldgänger (roman feuilleton transmedia) et est également le papa du Plup (comic strip), le tout publié chez Numeriklivres. »

Tu fais uniquement dans le numérique ? C’est un choix par défaut ou un réel engagement ?

Je ne suis un intégriste ni du numérique ni du papier. L’un et l’autre ne sont jamais que des supports de lecture qui ont chacun leurs qualités et leurs défauts. Je m’intéresse plus aux lecteurs qu’aux supports physiques en eux-mêmes et je crois que l’avenir, tant pour les lecteurs, les auteurs et les éditeurs passe plus par une approche mixte que par une vision monolithique.
Auteurs ou éditeurs, nous sommes au service des lecteurs. Notre boulot est de leur offrir un accès à nos univers quelque soit le support.
C’est ce que nous devons tous défendre.
D’ailleurs on peut pousser la réflexion bien au-delà. Je considère mon métier comme celui de « narrateur » et comme tu as pu le voir, j’éprouve plus qu’un vif intérêt pour le transmedia, les « deep stories » etc. On touche plus à la notion de designer narratif  que d’auteur à part entière. Ce que j’aime par dessus tout, c’est créer des univers et donner les possibilités aux publics de plonger et de naviguer dans ces univers. Le livre, numérique ou pas, n’est que l’un des supports narratifs que j’exploite. Essentiel, certes, mais pas suffisant.

Est-ce qu’à ton avis, pour les jeunes auteurs qui suivent ces mots, une maison d’édition numerique est une maison sérieuse et professionnelle ?

C’est comme partout. Il y a des bons et des moins bons.
Beaucoup de société d’éditions numériques se sont créées car on y voyait l’occasion de faire de l’argent facile sous couvert d’un alibi culturel. C’est la porte ouverte à de grands n’importe quoi.
Mais il y a d’excellentes maisons d’éditions numériques et des éditeurs qui ont le souci de bien faire leur travail. Je pense à Numériklivres, aux Editions de Londres, à Walrus, à Hybrid Books, à Onlit, à Storylabs…  J’en oublie. Et chaque maison d’édition a ses forces et ses faiblesses.

Est-elle vraiment nécessaire d’ailleurs ? De nos jours, avec un compte Amazon, on peut très bien vendre ses textes en direct ; pourquoi ne le fais-tu pas ?

Grande question. Je suis auteur. Et pour augmenter la difficulté de l’exercice j’essaie de développer un véritable écosystème autour de mes univers. Cela prend un temps fou. Je n’estime par pour l’instant avoir le temps ni l’envie de me consacrer au travail de correction, de mise en page, de commercialisation etc. Je préfère donc confier mes bouquins à un éditeur qui le fera de toute façon dix fois mieux que je ne pourrais le faire.
La mission d’un éditeur est également de porter un regard extérieur sur ce que tu peux écrire et enrichir ainsi tes écrits. C’est essentiel.
En deux mots : chacun son métier. le mien est celui de concevoir des univers et d’écrire des histoires. Je ne suis pas éditeur qui est un métier à part entière.

Parenthèse terminée, revenons au texte. On note trois trucs dès la couverture – numérique ! – :
- Un nouvel éditeur (tu t’es fâché avec Numeriklivre ? Avant ? Après ? :) ),

Onlit m’a commandé un texte pour sa revue en ligne. L’exercice qui consistait à écrire un roman feuilleton en ligne m’a intéressé. Comme tu le sais, j’adore le concept de roman feuilleton. Il s’agissait d’un texte de 50.000 signes à l’origine. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’aller plus loin dans cette histoire et d’en faire un véritable bouquin tant je m’attachais aux personnages et à l’univers.
Cette histoire a été encapsulée sous forme d’epub pour les lecteurs qui voulaient avoir accès aux Enquêtes d’Ockham Stryker immédiatement.
Aucune raison de se fâcher donc avec qui que ce soit. On peut tout à fait écrire travailler avec un éditeur d’un côté et écrire pour une revue de l’autre.

- Une couverture sans illustration et peu tristounette (d’ordinaire on en fait des jolies),

Tu n’es pas le premier à me le dire.
Pour ne rien cacher je crois aussi que cette couverture ne reflète pas l’univers véritable des Enquêtes d’Ockham Stryker. Mais les éditeurs ont leurs contraintes de maquettes auxquelles ont ne peut pas toujours échapper.

- Tome 1 (?).

Ockham Stryker est un personnage que j’aime beaucoup. Il a un côté « pur » et « intègre » assez amusant. J’aime bien aussi me plonger dans l’univers steampunk du Yumington de l’époque. Et oui, je suis en train d’écrire la suite qui devrait réserver pas mal de surprises.

Bon, Revenons en au texte. De quoi ça parle ?
Cette fois j’utilise le pitch d’ONLIT :
« Yumington 1887. Accro aux feuilles à mâcher, scientiste convaincu, excentrique à l’occasion, le jeune Ockham Stryker vient d’être libéré de ses obligations militaires après avoir parcouru les mers de l’Empire. Il rentre à Yumington pour prendre ses nouvelles fonctions d’adjoint au chef de la police. À peine débarqué, un gamin de rue lui vole son portefeuille. Cet incident anodin le met sur la piste de l’un des plus étranges complots qu’a connu la ville de Yumington. »

Yumington… C’est quoi ton problème avec cette ville exactement ?

Yumington est ma ville de cœur. C’est aussi l’axis mundi du Waldgänger et des Enquêtes d’Ockham Stryker. Je m’amuse à créer un écosystème autour de mes romans. Dans le Waldgänger on croise par exemple l’arrière petit fils d’Ockham Stryker. On croise aussi le Plup qui, je le rappelle, est un comic strip du Yumington Post.
Mais ce n’est pas que cela.
Yumington est un univers que j’ouvre aux lecteurs. Ainsi, toujours dans le Waldgänger, j’ai proposé à des lecteurs d’écrire des témoignages à propos d’évènements qui se déroulaient dans Yumington. Cela a donné un jeu webdoc que j’ai pris un immense plaisir à concevoir et à réaliser (cf émeutes à Yumington).
Dans le même esprit, j’aimerais faire de Yumington un lieu virtuel et réel de confluences artistiques. Sur le site de la ville, j’ai créé un jukebox où l’ont peut écouter des groupes indé que j’aime bien. J’invite également les internautes à partager ces titres en transformant les réverbères en jukebox.
J’espère bientôt ouvrir une galerie virtuelle de peinture et de photos.
Autre exemple, l’album rock conçu « le Waldgänger » avec les Hopkins a donné lieu à des concerts où les lecteurs pouvaient se rencontrer. C’est aussi avec les Hopkins que nous avons ouvert l’espace d’un soir en plein paris, le Crying Raven, un bar de Yumington où le Waldgänger a ses habitudes. Nous avons rencontré de nombreux lecteurs et de nombreux fans des Hopkins en buvant des bières. Très cool cette expérience…

Et quand j’y pense bien, je crois qu’avant le Waldgänger ou Stryker, Yumington est le premier personnage de toutes mes chroniques.

Et 1887 ? Un raison précise à cette date ?

Ça sonne bien non, 1887 ?

Avec ce résumé, on devine qu’on va lire un policier – oui, le personnage l’est, c’est une bonne indication :) On s’attend donc à du mystère, une construction avec des fausses pistes, des rebondissements etc
C’est un genre qui t’intéresse ? Tu en avais déjà fait ?

Mon plaisir dans l’écriture est d’expérimenter. De m’attaquer à des choses que je n’ai jamais fait. J’avais donc envie d’écrire un polar très classique dans sa trame et d’un accès facile. Car mon principal objectif était de m’adresser à mes propres enfants. Le Waldgänger est un héros très noir, très violent et donc réservé à un public de plus de 16 ans. Ockham Stryker lui est accessible aux plus jeunes. C’est dans cet esprit que j’ai écrit cette histoire.
Mais bon, cela ne durera sans doute pas…

J’aime assez le nom de tes personnages. Ils sonnent bien. Ils sont courts et efficace. Ils font péter le score au Scrabble.
Tu les inventes comment exactement ?

Ils me viennent la nuit. Les noms sont souvent à double sens. Comme pour le Waldgänger.

Au niveau du résumé, on ne devine pas le côté steampunk. Bon, l’éditeur le précise au paragraphe du dessous, on n’est donc pas pris par surprise.
Mais pourquoi se lancer dans ce type d’univers ?

J’ai en mémoire le plaisir que j’ai éprouvé quand j’étais gosse à lire Jules Vernes. Un émerveillement sans cesse renouvelé. J’ai eu envie de me replonger dans ce type d’univers, dans cette époque de tous les possibles. Peut-être est-ce une manière de m’évader de l’actualité et de notre réalité actuelle.
Le steampunk est une uchronie porteuse de rêves et d’espoir, très positiviste. C’est une réalité alternative très riche.
Et puis j’aime bien les costumes victoriens :)

Lecteur qui nous suit, je vous que tu baves d’intérêt, que tu souhaites entrer dans le vif du sujet, alors allons-y gaiement (ne pas penser au X ni aux pompiers…).

Le texte s’ouvre sur le retour d’Ockham. La scène n’est pas sans rappeler Londres (d’ailleurs, autant dans le Wald, Yumi me faisait penser à une ville américaine, autant cette fois je l’ai trouvé plus anglaise – mais c’est peut-être aussi à cause de mon imaginaire), mais ce qui interpelle le lecteur dès les premières est la narration : elle change du tout au tour par rapport au Wald. De là j’ai eu deux suppositions :
- tu l’as changé sciemment dans le but de conquérir le monde ?

En 1887 Yumington n’était pas encore indépendante. Elle était un protectorat de l’Empire. Il est donc naturel que son architecture en soit fortement inspirée. Bien entendu, les choses ont beaucoup évoluées depuis. De nombreux et de très créatifs architectes ont contribué au visage de Yumington actuel. De plus, tu le découvriras sans doute plus tard, Yumington est un creuset de populations diverses et variées qui marquent la ville de leur culture. Si tu te ballades dans Yumington un jour, tu découvriras sans doute des « Chinatown », mais aussi le quartier souvent appelé « le petit Paris » ou encore le quartier allemands (on y mange très bien d’ailleurs)…

- tu as été tué et remplacé par un jumeau maléfique / un cylon / un pompier faisant du lap dance (rayer la mention inutile).
Peux-tu nous en dire plus ? Ton objectif ?

Mon jumeau n’est pas si maléfique que ça quand on le connait bien, même s’il a des comportements un peu bizarre parfois. J’ai des amis imaginaires bien plus terribles que lui.
Mon objectif est de construire peu à peu les chroniques de Yumington. Au travers de chacune de mes histoires et de chacun de mes personnages je souhaite proposer à mes lecteurs non seulement une histoire de Yumington mais aussi un véritable univers narratif que j’ouvrirai le plus possible dès lors que j’en aurai les moyens techniques.
ça c’est l’objectif littéraire.
Plus généralement je suis dans la vie comme un gosse dans un magasin de jouets. Je ne me serais jamais vu exercer un seul et même métier toute ma vie. Il y a tellement de choses à découvrir et à partager, tant de personnes passionnantes à rencontrer… On me dit souvent que j’ai déjà plus de vies que beaucoup à la fin de la leur. je ne sais pas si c’est réalité. Ce que je puis dire c’est que si j’ai vécu des périodes difficiles, j’en ai vécu aussi de très exaltantes. J’ai toujours suivi le chemin de mes passions. C’est pour moi l’expression de la liberté et de l’accomplissement.

De la première à la troisième personne, ça change beaucoup de choses ?

Je le pensais, mais en fait pas tant que ça techniquement parlant. :)
En revanche, l’approche du personnage est radicalement différente. Plus distanciées, moins intime que dans Macadam Gonzo, Lisa ou le Waldgänger.

Du présent au passé, ça change beaucoup de choses ?

Mon intention était de mettre un peu de sépia dans l’écriture d’Ockham Stryker. Le choix d’écrire au passé et non au présent était pour moi une manière de projeter le lecteur en 1887.

Et finalement, tu préfère ou est plus à l’aise dans lequel ?

Je n’ai pas de préférence particulière. J’essaie juste  d’emprunter les chemins qui me permettront de raconter au mieux mon histoire. Le Waldgänger, au delà de l’histoire, raconte l’évolution personnelle d’un homme qui a tout perdu. La narration à la première personne m’a permis de me glisser dans les pensées les plus intimes du héros.

Une fois la surprise passée, on lit. Le rythme est bon, le style fluide. on sent plusieurs inspirations transpirer : du Sherlock Holmes, Dickens, Jule Verne, de l’Indiana Jones aussi, et du pulp ; pas le comic, le genre.
Le personnage principal est sympathique, charismatique, intéressant, un chouïa moins sombre que le wald, mais tout comme lui, il a les épaules suffisamment large pour tenir la distance durant plusieurs aventures. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, que ce soient les acolytes ou les Folkstrom.
C’est quelque chose qu’on retrouve souvent chez Toi : des personnages humains, touchant, avec lesquels on sympathise rapidement.
Allez Jeff, donne nous ton secret : comment fais-tu pour construire des personnages comme ça ? Et ne me dit pas que c’est parce que tu es sympathique (ce serait trop facile).

Quand j’attaque un nouveau roman et que j’imagine de nouveaux personnages, j’ai toujours en tête le fait que je vais vivre, manger et dormir avec eux plusieurs mois, voire plusieurs années. J’ai donc tout à fait intérêt à m’en faire des « amis » ou tout au moins des êtres que j’aimerais rencontrer. C’est avec cette idée que je trace le profil de mes persos.
Pour que ces personnages soient intéressants, j’essaie de leur donner une profondeur, une complexité qui leur donneront la capacité d’évoluer tout au long des aventures qu’ils vont vivre. J’imagine qu’ils entrent également en résonance avec des questions que je me pose sur l’existence.
Le Waldgänger évolue ainsi selon un process parfaitement alchimique. ce n’est pas un  hasard s’il connait les affres de la calcination :).
Stryker, qui a également sa part d’ombre est confronté à l’adoption, à la désintégration de la cellule familiale.
Mais avec le recul, je m’aperçois qu’il y a un trait commun à tous mes personnages, une caractéristique qui existe déjà dans Macadam Gonzo.
Tous mes héros ont tout perdu à un moment ou à un autre de leur vie. La question « que reste-t-il à un homme qui a tout perdu? » est obsessionnelle pour moi.
Cette question est présente dans l’ADN de tous les personnages.

Au détour de quelques forums ou blogs (2 ou 3, mon google-fu régresse avec l’âge), j’ai noté que :
- les lecteurs écrivaient le titre dans le désordre « La tour Folkstorm »… Je ne donnerai pas les noms :p
- les lecteurs disaient en gros que l’histoire était prenante, sans être follement originale. Il y avait presque comme un regret, venant sans doute du format : TROP COURT !
Déjà, que souhaites-tu leur répondre ? Et les prochains tomes, si tu y réfléchis, seront-ils plus longs ? Plus denses ? Plus sexe ?

Je préfère lire « aahhh c’est trop court » plutôt que « pffff qu’est-ce que c’était long! ».

Ces histoires s’inscrivent dans une logique sérielle. Et même si Ockham Stryker présente une structure plus nodale que le Waldgänger, il faut imaginer l’ensemble de mes histoires comme un tout qui à terme tracera le paysage de Yumington.
Le format court (si je projette Ockham Stryker sur une édition papier, il représenterait environ 130 pages) répond aussi à la contrainte que je me suis fixée, qui est de donner la possibilités aux lecteurs de pouvoir lire mes histoires sur tous les supports, y compris leur smartphone.

En tournant les pages, je lis et pif paf pouf, me voilà devant une illustration. Et là, j’adhère totalement, non que ce soit indispensable, mais qu’une bonne illustration égaye toujours un texte. Et je me souviens de mes vieux Jules Verne, ou de mes romans d’enfance, parsemés de dessins incroyables, et je me demande d’où t’es venu cette idée.
De ton cerveau ? De ton éditeur ? D’un extraterrestre en forme de scarabée géant incandescent ?

De mon cerveau et aussi de la volonté d’insérer véritablement Stryker dans le 19ème siècle. J’ai eu la chance de pouvoir lire Jules Verne dans les premières éditions Hetzel. Je rêvais des heures devant les illustrations de ces livres. L’idée m’est donc venue de proposer ce genre d’illustrations aux lecteurs pour pousser le concept jusqu’au bout.

Et je reprends la lecture. Et là, bim baf boum, je tombe sur un lien hypertexte. Damned ! Le livre numérique est plus que le fichier que je suis en train de lire, c’est aussi des informations annexes. De là deux questions : n’as-tu pas eu peur qu’après un texte et des illus posant une ambiance, tes liens gênent l’immersion du lecteur ?

Comment les utiliser d’ailleurs ? Tu as une best pratice ? Direct durant la lecture, quitte à perdre le fil ? Ou après le livre lu, en feuilletant avec intérêt pour découvrir ces touches « transmedia » ?

Bon, j’avoue, je n’y suis pas allé : je n’enclenche jamais le wifi de mon lecteur. Mais j’avais découvert ces articles directement via les liens sur les réseaux sociaux. Dont acte : ils sont intéressants.
Ils me questionnent beaucoup d’ailleurs : quelle place pour ces éléments annexes, jusqu’à quel point le livre numérique va déborder de son histoire pour devenir quelque chose de plus complexe ; tu défriches un nouveau continent quelque part. D’où d’ailleurs tes participations sur le sujet, comme à la BNF. Un mot là dessus ?

Je pense mes histoires non plus comme des systèmes isolés et fermés  mais comme des systèmes ouverts. Allez, lâchons nous, comme des êtres vivants. Encore une fois, chaque histoire, chaque héros est à mes yeux un élément d’un écosystème plus vaste. Libre à chacun de l’explorer ou non. Mon travail est de mettre à disposition de mes publics (notes que je préfère l’expression « public » à celle de « lecteur ») des possibles. C’est un peu comme dans la vie quotidienne. Tu peux avoir un livre ET un téléphone. En pleine lecture tu peux choisir de répondre ou pas (imagine maintenant que ce soit un héros de ton livre qui te téléphone, hein…). Donc pas de best practice si ce n’est se promener dans mes univers comme dans une ville que l’on voudrait découvrir. Il y a les trucs à voir (les histoires) et les choses annexes. D’ailleurs tu peux très bien faire un tour dans Yumington sans lire mes histoires. C’est là qu’intervient la notion de design narratif.

Après quelques heures, le texte est lu. L’histoire est simple mais pas simpliste. Elle est efficace et ouvre des perspectives intéressantes. Elle est construite d’un seul tenant, avec quelques souvenirs permettant de densifier Ockham, et un switch amusant – que je ne raconte pas, si vous voulez le lire, ACHETEZ LE !
Sur le coup, j’ai tout de même eu un regret : j’ai trouvé que le père mettait un temps incroyable à mourir. Penses-tu qu’il voulait concurrencer Marion Cotillard comme les participants de ce site :
http://peopledyinglikemarioncotillard.tumblr.com :)

Plus sérieusement, je l’ai apprécié. Et je suis pressé de découvrir la suite.
Par contre, en tant qu’auteur, je suis embêté par un point : un si bon texte, long d’ailleurs (combien de caractères ?) pour 0,99, c’est TROP PEU CHER ! N’as tu pas peur qu’on te qualifie de « Chinois littéraire » ? :)

Je suis en pleine réflexion par rapport à tout cela… Trop tôt pour répondre :)

Pour finir, t’as trouvé ça chiant ? Soit franc hein !

Non, j’ai trouvé ça plutôt sympa. Merci :)

Le mot de la fin ?
A suivre…

Pour finir, quelques liens :
L’éditeur : http://www.onlit.net/index.php?option=com_k2&view=item&id=647:ockham-stryker
Jeff Balek : http://jeffbalek.com/
Yumigton : http://yumington.com/chroniques/
Le calendrier des Pompiers de Paris : http://www.adosspp.com/fr/calendrier.html