Nouveau Message – Neil Jomunsi

 

Projet Bradbury – Episode 1 

 

ray_bradbury_by_francoclun-d5zn64m

Lorsque j’ai reçu le mail de Neil, je ne savais pas trop à quoi m’attendre : « viens samedi soir à la maison, emmène un slip et une serviette ». Tout de suite, je me suis imaginé qu’il allait m’emmener à la première d’Xplore France, où l’on prend des douches d’huile à plusieurs, où l’on participe à des  masturbations de masse ou des trucs encore plus douteux, puis, j’ai vu son ps : « P.S. : mon chez moi est en Allemagne ». Ach ! Cool. Je m’étais toujours promis de retrouver la terre d’un de mes ancêtres.

Ni une, ni deux, j’ai sauté dans ma nouvelle voiture (car oui, salaud de bourgeois capitaliste que je suis, j’ai changé de voiture en pleine crise économique mondiale – HA HA !), et j’ai traversé la frontière avec une facilité déconcertante. Grâce à mon gps, j’ai trouvé facilement l’immeuble de mon compadre, me suis garé, ai frappé à sa porte. C’est un homme fatigué qui m’ouvrit. Fatigué et en chausson en forme de Popples.

– Ianian !

– Neil !

(il s’agit à la fois d’une salutation amicale et d’une validation de reconnaissance faciale)

– Entre !

– Et comment !

(authentification faite, droit d’accès validé)

Je découvre son chez-lui. Une antre pleine de bouquin jusqu’au plafond, avec au milieu du salon, un ordinateur disposant de quatre claviers logitech, superposés à la jean-michel-jarre.

– Une bière ? me demande-t-il.

– Non, les bières allemandes craignent.

– J’ai de la Belge.

– Okay alors.

Dans le salon, un unique meuble meuble (ouais x2 et alors, t’es relecteur ?) la pièce : une table avec cinq chaises. Dessus, des notes, des feuilles, des gribouillis dignes de Rorchat (orthographe non vérifiée) et plusieurs tasses à cafés. Ainsi qu’un vase chelou, d’inspiration chinoise.

– C’est quoi ? dis-je.

– Bradbury. Du moins ce qu’il en reste. Je l’ai piqué durant la cérémonie…

– Le voleur de l’urne, habillé en chronique martienne, c’était toi ?

– Je l’aimais plus que tout…

– Et maintenant, tu l’encenses ? Il fume pas trop  ?

Les larmes aux yeux, il me fait comprendre que mon humour douteux le blesse.

– Pardon, chuchoté-je. Bradbury donc.

– Ouais. Je me suis lancé dans un projet fou !

– Quoi, genre écrire 52 nouvelles, une par semaine pendant un an ?

– Mais non, tu me prends pour un sifflé de la cafetière. On va jouer une partie de jeu de rôle par semaine pendant 52 semaines. Pour rendre hommage à Bradounet.

– T’as d’autres joueurs ?

– Ils arrivent.

– Tu sais, je sais pas si je serai dispo : j’ai une famille tout ça.

C’est là que Neil tire l’arme qu’il avait planqué dans son dos.

– Pour Brad, vous jouerez. Crois moi.

– Oh merde.

C’est ainsi que commença la pire expérience de jeu de rôle de ma vie.

 

– Nouveau Message –

 

– Tu t’appelles Samuel, tu es une sorte de Jason Bourne, maladroit et un peu obèse. Tes patrons sont à ta recherche : tu travaillais dans un service secret lié à la défense de ton pays mais… Tu t’es fait doublé. Tu es gros, mal dans ta peau et asocial.

– C’est pas un peu cliché…

– Non ! Tu es un archétype, ce n’est pas pareil. Tu peux interpréter ce type de personnage de différente manière. Là, on va la jouer… fine. J’oubliais, tu es né dans les années 70-80, toutes tes références sont de cette époque. Tu gardes cette espèce de nostalgie et de passif culturel qui te définis.

– Je suis un Jason Bourne… étrange. Je sais me battre au moins ? Utiliser des flingues ?

– Pas du tout. Mais tu es malin. Et tu as +10 en informatique, +9 en piratage mais – 5 en courage.

– Vache. Comment tu veux que je m’en sorte.

– C’est toi qui joues. Alors ?

– Je me cherche des alliés.

– Les autres sont pas encore là – ce qui est vrai, ça m’apprendra d’être toujours en avance – alors ?

Je croise les bras et dévisage Neil. Et son vase qui contient les cendres de Brad. Difficile de savoir où tout ça nous mènera.

– C’est quoi ton système de jeu ?

– D20.

– Hum.

Je réfléchis encore un peu.

– J’ai pas de femme ?

– Ha ha, bien vu ! Tu en as une mais elle est… – MASQUE ANTI-SPOIL –

– Oh merde ! Vrai ?

– Vrai !

– T’as des idées tordues. Sympa mais tordues 🙂

– Je peux pas voir le smiley quand tu parles.

– Certes, c’est pour les sous-titres de ceux qui téléchargeront cet article sur bitorrent.

– Ah. Dans ce cas. T’en dis quoi ?

– Qu’on va y aller. File moi les dés !

 

Données techniques : 

 

De quoi ça parle :

 

« Samuel, un expert en sécurité informatique travaillant pour les plus hautes instances du gouvernement, voit son quotidien subitement perturbé par l’arrivée d’un message indésirable dans sa boîte mail. D’apparence anodine, ce « spam » va pourtant bouleverser sa vie, d’un point de vue professionnel comme sentimental. Qui sait ce qui se cache derrière les courriers que nous mettons chaque jour à la corbeille sans prendre le temps de les lire ? »

 

Faut-il le lire :

 

Oui ! Car plus Neil écrit, plus sa plume gagne de level. Cette histoire, écrite en une semaine en est la preuve : bien menée, équilibrée, elle nous emmène et nous raconte une bonne histoire. Dans le fond comme dans la forme, j’ai été surpris par la qualité de celle-ci et je lui tire mon chapal. C’est un véritable défi que s’est lancé Neil, défi double : il doit tenir un rythme digne des productions AB et un défi financier dans le sens où il doit s’enrichir suffisamment pour devenir le mécène de tous pleins d’auteurs sympas 😀

Y arrivera-t-il ? Suspense !

En tout cas, je lui apporte tout mon soutien (40 e c’est quand même pas la mort), et je tenterai de suivre au niveau chronique, même si une par semaine, ça me fait un peu peur.

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Comte de X dit :

    Je valide la partie sur les bière 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *