CdL 2050

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Un petit post apo. Pour le fun. un peu idiot, pas vraiment construit, juste parce que… je sais pas en fait.
On ne sait pas toujours pourquoi on écrit un truc plus qu’un autre…

## Avertissement : ceci est une fiction fictionnelle, sauf pour les parties véridiques. Fan, kiffez ! (ou pas) ##

Dans la cabane, y a eu un cri, puis des coups. La porte s’est ouverte avec fracas et l’oiseau qui sifflait a été balancé dehors. Roulé boulé. Il a tenté de se relever, avant de prendre une volée de coups par les gros bras qui trainaient là. Les gros bras, la garde musclée du chef, des types aux tronches abimées par le soleil, souvent marquées par des coups de couteau ou de baton, des mecs qui se rasent le crâne pour afficher avec fierté le V qu’ils se sont fait tatouer sur le front. Ils font ça pour marquer leur appartenance au chef. Parce que leur chef est du genre expéditif. Et à ce qu’on raconte, il a pas vraiment de limite.
– C’était quoi ça ? hurle le chef en sortant de sa cabane.
Il lui balance un coup de pied en pleine figure. Le gars au sol en perd une dent.
– Tu crois quoi ? Que tu peux me raconter n’importe quoi ? Je me souviens des livres, du cinéma, du streaming et de tous ces trucs oubliés.
Le gars au sol gémit. Il nous jette des regards apeurés, regard qu’on évite avec soin. On peut rien pour lui.
– Je sais comment on construit une histoire, comment on fabrique des putains de personnages vivants !
On est tous dans la même situation, dans la même cage, fermée par les mêmes molosses, avec la même obligation d’inventer des histoires au chef, sans quoi on se retrouvera avec la même gueule en biais…
Le chef attrape une machette.
– Tu pensais pouvoir me la jouer facile, fainénant ? M’arnaquer avec des intrigues de merde sorties tout droit de ton fondement ?
La lame se fiche dans la tête du pauvre gars. Ses yeux cessent de nous chercher, de nous appeler à l’aide. Tant mieux. Ils étaient insupportables.
– Voilà comment je traite les merdeux qui me racontent des salades. Vous autres – il s’adresse à nous – vous avez intérêt à trouver de bonnes histoires, sinon vous finirez pareil !
On est une bonne dizaine dans la cage. On se garde bien de faire connaissance, de s’attacher. On sait bien qu’on a une durée de vie très limitée. Surtout quand le chef nous appelle.
– A toi le gros barbu.
C’est mon tour.
Inutile d’espérer lutter, de recevoir une aide quelconque ou quoi que ce soit, on ne peut plus aller contre le destin. C’est plus possible depuis la révolution. Cette révolution qui a tout emporté, tout renversé.
Elle a érigé un ordre nouveau.
Un ordre plus chaotique, plus bestial, plus sauvage.
Des gros bras me chopent et me conduisent dans la cabane.
Le chef s’assoit et croise les jambes. Autour de lui, quelques gros bras s’adossent au mur. Je suis le centre d’attention, le point de convergence de tous ces yeux qui ne me veulent aucun bien. Surtout ceux du chef. Perçants, brillants. Menaçants.
Le chef passe une main dans ses cheveux argent, avant de s’allumer une clope. Il reprend :
– Ceci est mon comité de lecture, enfin d’écoute. Tu vas nous balancer ton premier chapitre. On jaugera les persos, l’intrigue, le style, et à partir de là, on décidera de te garder ou pas.
Au fond, je sais pas ce qui est pire : en finir de suite, ou survivre jusqu’à ce que je merde…
Parce que derrière il faudra produire, fréquemment, avec une qualité constante, et ne pas décevoir, se renouveler, surprendre, en un mot se soumettre corps et âme au chef…
– Nous t’écoutons.
Dire que sur tous les groupes armés qui parcourent la France, je suis tombé sur l’un des rares qui est dirigé par un éditeur fou…

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