Lalalafin Land

Pour poursuivre mon trip apo / post apo (tout ça à cause d’un appel à texte de Réalités INC), j’ai lu mon premier Fabrice Colin, La fin du monde. Avant de dire tout le bien que je pense de ce bouquin (Merde, j’ai tout pété le suspens !), je me suis interrogé à travers mon psy :

– Vous aimez les grosses apocalypses ?

– Oh oui, très grosses.

– Grosses comment ?

– Comme un champignon nucléaire…

– Gourgandin ! Je vais te montrer mon champ…

Wooo, ça dérape. Revenons à nos apos.

Après le-livre-dont-on-ne-doit-plus-parler, je me suis dit : qu’est-ce qui va faire la différence entre ces deux apocalypses ?

Et au sens large, ça vient d’où la fin du monde et l’apocalypse ?

On s’est déjà posé la question : pour ceux du fond de la salle, on en a déjà parlé ici : https://www.youtube.com/watch?v=aTEQMYVfI9s ( #BrigadeDuLivre ).

Approfondissons avec un peu de Wikipédia (ouais, j’utilise des outils en ligne que l’éducation nationale ne valide pas, parce que j’étais moi aussi un sale élève du fond de la classe ; y avait un super radiateur, et le grand devant, qui me cachait de la prof… bref !).

L’article est ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fin_du_monde

Rapidement, il indique que la fin des temps, est présent dans les grandes religions monothéistes, et dans la mythologie nordique avec le Ragnarok (on parle du jeu de fig ou pas encore ?).

Côté chrétien : « L’expression « temps de la fin » ne signifie pas une « fin du temps », mais désigne une période qui débouche sur la fin ou destruction, non pas de toutes choses, mais des choses dont parle la prophétie. Les Écritures sont le plus souvent interprétées que le temps en lui-même ne prendra pas fin mais que les dés en seront jetés. »

OK, OK, on va tous y passer (comme disait le Predator), mais quelle fin ?

Y a plusieurs types d’apo ? Avec différentes conséquences ? Faut bien parce que sinon tous les post apo auraient la même tronche, de Mad Max à Ken le survivant… mauvais exemples. de La route à Walking Dead ! Oui, c’est mieux là. Ou de Ravage à La fin du monde de Colin (hou hou, comment recaser le livre dont il était question dans l’intro, avant de te faire digérer toutes ces digressions farfelues).

Inutile de tourner autour du pot, oui, il y a plusieurs apo. Wikipédia distingue fort justement deux grands types :

– l’extinction de l’humanité,

– la destruction de la Terre.

Dans le premier cas, on imagine des trucs marrants du type : une pandémie mondiale (Le fléau ? Le virus H5N1 ?), une catastrophe technologique ( pire que Windows 7 ; Cellulaire de King par exemple ), une guerre nucléaire (entre Trump et Kim jon 1, tous les deux grands fans de Wargame, le film), l’extinction à petit feu (qui dit comme ça à l’air la moins pire mais en fait qui pique un peu quand même, genre Le fils de l’homme ou dans une autre mesure La route).

Dans le second, on retrouve tous les chouettes blockbusters des années 90, qui nous préparaient joyeusement au passage à l’an 2000 (les plus vieux s’en souviennent hein ? Qui regardaient son pentium avec la boule au ventre, en se demandant s’il allait exploser ou juste, ne jamais redémarrer ? Ouais, sad time !).

On retrouve dans cette catégorie : l’hivers de ouf (Le jour d’après), le volcan berserker (Volcano ?), les extraterrestres vénères (ne pas parler d’Independance Day), le refroidissement du noyau terrestre  (là je vois pas), la disparition de l’atmosphère (Re Le jour d’après ?), le sursaut gamma (Planète Hulk ?), le soleil en mode grill (? Peut-être un téléfilm douteux balancé sur C8 ou W9…).

Tout ça pour dire quoi ?

Que la fin, ça s’inscrit dans une temporalité lointaine. C’est un vieux fantasme humain, une interrogation, qui angoisse les écrivains, le soir, avant d’aller se coucher, lorsqu’il écoute JJG ( https://www.youtube.com/watch?v=_yAq_wexhWI ).

Que la fin, derrière ses multiples facettes, qu’elle soit provoquée par l’homme ou juste subie, est un moment d’une importance cruciale.

L’important, c’est qu’est-ce qu’on fait face à l’horreur. Repense à 2012, le film : que fait le héros ? Il conduit sa limousine au milieu des immeubles qui s’effondrent. La classe quand même un peu. Que font les héros dans Walking Dead ? Ils tentent de survivre, se font rarement mordre, mais sont plus souvent tués par des hommes devenus fous. Moins classe. Sauf quand le fou est classe, du coup ça rehausse un peu le niveau. Que fait le président des états unis dans Independance Day ? Nan là, je déconne ! Qui mange les doigts de qui dans La route ? Un finger ? 🙂

C’est donc un moment qui sert à questionner l’humanité, les gens, dans un dénouement total, face à des dangers de ouf, et à jouer avec leur système de valeur : qui va se décourager ? qui va résister ? qui va rester humain au milieu de l’horreur ? qui va se montrer fort ou faible ?

Et là, on s’éclate.

Des inversions de caractères à l’effondrement psychologique, des actes héroïques ou plus perfides, le panel est vaste et jouissif. Sauf dans le-livre-dont-on-ne-doit-plus-parler, où finalement tout est plutôt monobloc, manichéen et non-évolutif. Bon en même temps, ce n’est pas un roman mais une démonstration à charge… Bref.

La fin du monde c’est aussi questionner la raison de cette fin. Problème écologique (La route ? Princesse Monoke ? – évidemment, j’déconne un peu là), invasion de robot (Terminator), invasion de punks à crêtes idiots surarmés (Ken ?) ou bien encore, débarquement sur Terre d’extraterrestres à queue de singe qui ont l’envie de nous détruire parce que nous ne valons rien, un peu comme des anges simiesques tout droit sortis de La planète des singe ; la fin du monde nous avertit : si vous triez pas vos déchets, C’EST LA FIN ! Si vous faites pas gaffe avec l’IA, C’EST LA FIN ! Si vous êtes pas cool avec les punks à chien, C’EST LA FIN ! Si vous apprenez pas la karaté pour péter la tronche au Sayan, C’EST LA FIN !

Des questions qui devraient secouer un peu plus nos politiques, mais qui finalement ne provoque que des crises de conscience chez les pauvres citoyens que nous sommes.

Et Fabrice Colin dans tout ça ?

Son livre est une excellente mise en scène d’un fin du monde, provoquée par une guerre nucléaire. On passe du « mais non i vont pas le faire » à « nan mais un seul tir… OK… » à « OK, là c’est parti pour en chier » avec un franchissement d’étape, de prise de conscience, propre à chaque perso (c’est un roman choral – même si aucun personnage chante vraiment dedans… au passage, ça existe une comédie musical apo ?

– John, nous allons crever !

– Oui Franck, mais avant que les extraterrestres nous violent et nous découpent, n’oublie pas : « JE FAIS DE TOI MON ESSENTIEEEEEEL »

– Putain c’est beau comme du Lalalafin Land ! Mais survivra-t-on encore un peu ?

– Mais oui ! «  Ce sera nous, dès demaiiiiiiiiiiiin, ce sera nous, le chemiiiiiiiiiin ! »

– Pour que l’humanité, qu’on saura se donner, nous donne l’envie, dd’aimeeeeeeeeeeeeer !

YEAH ! »)

Pardon.

Un guerre nucléaire assez peu crédible entre deux dirigeants radicalisés tels que Trump et Kim, un truc qui arriverait jamais… Enfin je crois… Enfin je sais pas : ces derniers temps, j’ai toujours l’impression d’aller me coucher sans savoir si le monde existera encore demain…

On assiste donc à l’effondrement rapide du monde, à la maladie, les exactions, les tentatives de s’en sortir, un peu désespérées, qui se conclut bien ou pas.

On désespère aussi en découvrant que les survivants, qui devront se tarter un hivers nucléaire, ne survivront pas faute de ressources non irradiées. Au passage, on note dans la démonstration que M Colin s’est documenté sur le sujet.

Au final, c’est un très bon livre, nerveux, vif, efficace, qui sait prendre aux tripes (le passage Tombeau des lucioles like est juste horrible).

Parait que c’est un livre pour ado. Je ne sais pas en quoi.

Parait que le style est celui d’un livre pour ado. Je ne vois pas en quoi.

Si vous vous ennuyez, n’hésitez pas à le lire donc.

Petit bémol, y a pas de fin. À la fin du livre, on nous promet une suite qui n’existe pas. J’en ai parlé avec Fabrice qui semblait prêt à y retourner. Si un éditeur dans la salle a envie de lui filer un coup de main, n’hésitez pas, d’autant que y a grave moyen de vendre les droits à Besson… Bon, OK, pas forcément à Besson. Mais y a grave moyen de faire un bon film.

Allez, la bise.

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