Typologie des différentes relectures… Ou comment chier dans la colle !

Tout auteur qui se respecte a besoin d’un ou plusieurs relecteurs. Ca tombe bien, il en existe plein. Mais sont-ils tous identiques ? Utilisent-ils tous la même méthode ? Apportent-ils tous les mêmes informations ? Des questions qui nécessitent un éclairage !

Pour résumer, il existe 3 grands types de relecteur :

– l’orthographiste,
– l’optimisiste,
– le narratiste,

et tous peuvent être contenu dans une seule et même personne ! (c’est rare mais si vous tombez sur une perle de ce type, gardez la ! Congelez la ! Ou enfermez la dans votre cave belge !)

Voyons de manière plus précise les différents types de relecteurs :

  • L’orthographiste

Il s’agit d’une personne capable de vous trouver la moindre erreur d’inattention, la plus inconnue règle de grammaire violée, la plus insignifiante faute d’orthographe qui pourrait s’être glissé dans votre texte. Ne riez pas : tous les auteurs font des fautes. Moi le premier. Vous le dernier.

Même si la plupart des lecteurs aujourd’hui sont moins regardant sur ce point, en parti grâce à leur apprentissage scolaire défectueux, vous ne devez pas céder à la facilité : tout texte rendu public se doit d’être impeccable. N’hésitez donc pas à faire appel à la grand mamie aux yeux usés, à la tantine professeur des écoles qui s’ennuie tellement elle a de temps libre, ou à des relecteurs professionnels. Leur tarification varie, amis au moins, s’il reste des fautes, vous pouvez les engueuler, eux (alors que mamie… Ouais, mamie aussi en fait).

  • L’optimisiste

A ne pas confondre avec l’optimiste, rien à voir. L’optimisiste est une personne très calée au niveau du style, qui a normalement dû faire des études de lettres sans se douter qu’elle serait au chômage à la fin. Légèrement dépressif, socialement en danger, ne parlant que d’auteurs morts, ou qui le seront bientôt, cette personne a besoin de vos écrits pour donner un sens à sa vie. Ca tombe bien, vous avez besoin d’elle !

Car l’optimisiste sait comment optimiser votre texte, parce que, soyons clair tout de suite, lorsque vous écrivez, vous pensez à plein de chose, mais pas vraiment au style. Ainsi, vous multipliez les adverbes, vous balancez des tournures alambiquées, vous répétez vos idées d’un paragraphe sur l’autre, voir vous répétez les mêmes mots (« le méchant Roger dévisageait méchamment le gentil Robert).

Tous ces cas classiques nécessitent de vous faire relire (car même si vous vous relisez, un regard extérieur sera plus acerbe – et parfois moins condescendant). L’optimisiste vous virera l’inutile, vous collera des « X2 » partout, vous dira que vos paragraphes sont mal agencés et que vos idées sont bordéliques, en un mot, il vous fera du bien (même si sur le coup, ça donne plutôt envie de lui exploser le melon à la clef de douze).

  • Le narratiste

A ce niveau, nous sommes dans le haut de gamme de la relecture, nous nous trouvons dans la stratosphère intellectuelle des relecteurs car disons le tout net, pour effectuer ce type de travail, il faut une bonne mémoire, un bon esprit d’analyse et un oeil critique que seuls des étudiants d’Histoire peuvent avoir. Pourquoi eux seulement ? Parce que ce sont les meilleurs, et parce que c’est l’objectif de leur formation.

Le narratiste reprend donc l’ensemble du manuscrit et le passe au crible de l’utilité : P24, le personnage possède un canapé rose, alors que P345, il est bleu. Autre exemple : le personnage est un couard et le revendique et pourtant, P857, il n’hésite pas à déclamer sa flamme à cette jeune fille, ce qui relance l’intrigue pour 400 pages… Mal amené, peu crédible, il faut revoir ce passage ou l’histoire. C’est un travail qui allie le soucis du détail, puisqu’il faut sans cesse interroger le manuscrit pour savoir ce que tel ou tel point apporte, et une vision d’ensemble, pour repérer les incohérence narrative au long cour.

Le narratiste, s’il est doué, et dans le métier de l’édition, peut même devenir un conseiller judicieux, pour peu que ces conseils ne ressemblent pas à des injonctions. Exemple : ce serait plus intéressant si le personnage faisait cela ou ceci. Et pourquoi celui-ci fait ça et pas plutôt ça ? etc

Conclusion :

Un auteur sans relecteur n’est rien. Enfin si, c’est un scribouillard qui tient un journal intime ou qui n’écrit que pour lui (après tout, vous pouvez écrire comme vous jouez au foot : juste pour le fun, sans vraiment vouloir devenir une super star). Si par contre vous souhaitez rendre vos textes publiques, n’hésitez pas à avoir affaire à l’ensemble de ces relecteurs. Ils apportent chacun leur spécialité pour améliorer votre texte.

Maintenant que vous connaissez les catégories de relecteurs, insistez sur ceux qui comblent vos défauts (par exemple je suis une quiche en orthographe, mais pas mauvais dans l’optimisation, je me fais donc fréquemment relire par des orthographistes).

Au fait, ai-je précisé que je suis relecteur à mes heures perdues ? Si vous souhaitez me corrompre, n’hésitez pas. Je ne prends pas cher. Pas la première fois. Et pas tout le temps.

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