Construire une histoire c’est d’abord choisir son camp !

Un manuscrit, à priori, se compose de lettres qui forment des mots, qui forment des phrases, qui forment des paragraphes, qui forment des chapitres, qui forment un livre, qui lui même raconte une histoire. L’important est donc l’histoire ! Encore que, les petits caractères le sont également puisque sans eux, pas d’histoire…

Un auteur avant d’écrire s’interroge donc sur le : « Quelle histoire vais-je raconter ». Cette question est d’utilité publique : trop de manuscrits aux histoires plates, voire imbéciles arrivent en comité de lecture. Pour rappel : une histoire  c’est une intrigue, des personnages, des lieux, des rebondissements, du suspens et bien d’autres choses encore.

Donc oui, se demander quoi raconter, c’est pas mal. Alors là, je devine l’angoisse de l’auteur débutant, devant sa feuille blanche, qui rêve de BestSeller, sans avoir jamais rien écrit d’autre que des rédactions à l’école, et des dissertations au lycée et à la fac (car oui, un auteur débutant est bien souvent un surdiplômé qui s’ennuie dans son boulot).

Comment trouve-t-on une bonne intrigue ? En premier lieu, il faut de l’imaginaire. Inutile de vous jeter sur les manuels type « le bon scénario en trois étapes » ou « une histoire à cent balles pour 8 euros ». Quoi que vous lirez, si vous n’avez pas d’imagination, ne commencez pas à écrire. Tentez plutôt le macramé.

L’idée trouvée, se pose alors la question du plan : faut-il en faire un ? Est-ce utile ? Est-ce nécessaire ? Est-ce indispensable ?

Le monde littéraire est divisé sur ce sujet. Il existe trois camps : les planificateurs, les intuitifs et les je-mange-à-tous-les-râteliers.

 

– Les planificateurs :

Les planificateurs ne conçoivent pas d’écrire une ligne sans un plan établi. Qui fait quoi ? Qui va où ? Que se passe-t-il ? Dans quel état j’erre ? Qu’on cour-je ? Qu’asper-je ?

Disons le tout net cette technique à l’avantage de savoir où l’on va et de ne pas perdre de temps : trop d’auteurs écrivent au feeling et se retrouvent à jeter des centaines de page pour modifier une intrigue devenue banale, voire chiante. Les planificateurs sont donc écologiques : il ne gâche pas le papier en milliards d’impressions inutiles.

A l’inverse, les planificateurs n’aiment pas écrire, ou peu. Ils sont lent à la détente. Ils détestent le syndromes de la page blanche. Alors, pour se rassurer, ils passent des heures entières à concevoir des mondes, des personnages, puis ce qui leur arrive. Des bloc de papier recyclable y passe (rappelez vous, ils sont écolo). Ils prennent des notes, raturent, réécrivent, font des plans, des schémas narratifs, digne des scénaristes d’Hollywood, ils anticipent les évènements, prévoient les dialogues, décident où seront les points. Mine de rien, c’est un travail harassant, que l’on pourrait qualifier « d’enculeur de mouche ».

 

– Les intuitifs :

Que l’on appelle parfois les adorateurs du chaos, les feignasses scribouillardes, voire les passionnés du « tapé/jeté ».

Un intuitif est un auteur qui ne planifie rien. Tout juste a-t-il une idée derrière la tête lorsqu’il s’assoit derrière le clavier. En règle générale, il prend sa plume numérique suite à un film, à une musique, à une bd, ou à toute autre sollicitation externe qui a fait écho dans son imaginaire, et il écris. Il noircit les pages jusqu’à épuisement dudit écho.

Alors, qu’écrivent-ils ? Normalement, pas grand chose de bien. Une écriture instantanée engendre beaucoup de déchet (même pour les plus talentueux). Les personnages ne sont pas bien en place, les intrigues souvent décousues (on se surprend à se demander : « Où ça va bordel ? ») et les rebondissements pas toujours bien amenés. Vous me direz : « Mais c’est pourri comme technique ! », et je vous répondrai : « Que nouille ! » Cette technique peut fonctionner à condition de respecter quelques règles élémentaires :

* règle 1 : faire un bon casting. Un livre avec une intrigue lâche ne pourra reposer que sur un ou plusieurs personnages haut en couleur ;

* règle 2 : utiliser des petits chapitres, indépendants les uns des autres, racontant la vie du ou des personnages haut en couleur ;

* règle 3 : du style. Pour que le lecteur accroche, il faut du panache.

* règle 4 : une histoire simple. Vu que l’intrigue n’est pas bossé, il vaut mieux s’en tenir à des évènements simples, qui ont des conséquences simples, elles même engendrant des rebondissements simple. Si l’intuitif s’embarque dans un truc trop complexe, il finira  par devoir faire un plan, ce qui, rappelons, est contre nature.

* règle 5 : limiter les personnages. Trop de personnages apportent de la confusion, du coup le lecteur se perdrait, et l’intuitif aussi.

De là, tout est possible.

 

– les je-mange-à-tous-les-râteliers :

Ces mecs là, il faut s’en méfier. Ils n’ont pas choisi leur technique de conception, ils ne sont dans aucun camp, potentiellement, ce sont des traîtres aux deux causes. Vous ne devez pas devenir ainsi ! Jamais ! Et si vous connaissez des auteurs qui le sont, ne leur adressez plus la parole, coupez votre amitié sur facebook, effacez les de votre mémoire, ils ne méritent que ça.

On les reconnait au fait qu’ils utilisent une feuille, gribouillent quelques idées, brainstorm un peu, font quelques dessins, puis se mettent à écrire une quinzaine de page sans pause, sans réflexion annexe, comme s’ils étaient investi, envahi par le talent. Détestables je vous dis !

Le pire, c’est que ces mecs là peuvent pondre un livre dans un temps record. Observez la production des nouveautés et vous verrez, certains pensent, écrivent et relisent un livre de 400 pages en un an. UN AN ! Détestables je vous dis.

Cette productivité interpelle : sont-ils plusieurs ? Sous-traitent-ils à des pays en voie de développement ? Sont-ils seulement humains ? Je n’en sais rien, mais je ne saurai que trop vous conseiller de vous méfier.

 

Conclusion :

Avant d’écrire quoique ce soit, posez-vous donc la question de « A quel camp appartiens-je ? ». Une fois que vous aurez décidé, utilisez la manière adéquat pour travailler, puis lancez-vous dans l’écriture.

Attention : certains bruit de couloir parlent d’autres catégories, notamment celle fait de personne capable de tout planifier dans leur tête et de réajuster le plan au fur et à mesure de l’écriture. Ce ne sont que des bruits de couloirs. Toutefois, il serait aisé d’intégrer ces aliens dans un des trois classements, suivant comment ils utilisent leur cerveau.

Dernier point, j’appartiens à la troisième catégorie ! HA HA !

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