Jusqu’où relire ou comment ne pas devenir rewriter-addict !

Un relecteur consciencieux est souvent torturé par le texte qu’il relit. Etrange comme idée ? Pas du tout, je m’en vais l’expliquer.

Il ne faut pas oublier qu’un relecteur est un homme comme les autres et que comme tout homme normal qui se respecte, il adore ne rien avoir à faire. On peut le dire, un relecteur est un feignant. Alors, lorsqu’il découvre un texte rempli de fautes d’orthographes, d’erreurs de syntaxe, de mauvaise utilisation du vocabulaire, de répétitions ou de tournures de phrases alambiquées, il les souligne, les raye et tremblant, suant, les larmes aux yeux, il se retient.

C’est un effort que s’empêcher de corriger un texte. Or, par respect pour l’auteur (dont vous aurez pris soin de noter le comportement – cf l’article précédent), il est nécessaire de conserver une « saine distance » avec ce texte. Il faut relever ce qui ne va pas mais ne rien proposer. Ou alors en douceur. Pour se faire, quelques conseils avisés qui vous éviteront de vous faire poignarder dans un bar branché de la capitale :

– Ne jamais relire sous Word :

c’est idiot mais on oublie trop souvent que word n’a pas de page limitée (ou alors la limite est telle qu’on ne l’atteint jamais sans le faire exprès). Ainsi, en relisant un texte sur pc, il est possible de corriger sans limite. Préférez donc relire sur papier, muni d’un stylo. Une fois le recto et le verso recouvert de ratures et de remarques, vous ne pourrez pas aller plus loin. Vous trouverez ci-après un exemple de rupture schyzophrénique d’un relecteur.

Ne jamais relire en musique :

Tout le monde le sait : la musique emporte l’imaginaire. Relire un texte de Fantasy en écoutant du Rhapsody of fire, est une hérésie ! Vous noterez ce qu’il ne va pas et ne pourrez pas vous empêchez de faire des propositions, emporté par votre élan, réécrivant certains passages, certains dialogues, certains rebondissements. Oui, il faut laisser ce jeune héros apprendre qu’il est l’élu de la légende et qu’il sauvera le monde ! Oui, il faut laisser l’adjectif « méchant » au méchant méchant qui complote depuis huit cent ans pour assassiner l’élu, sans jamais y parvenir ! Et oui, la princesse est belle, douce, un peu rebelle, elle sait se battre, mieux qu’un homme, et elle tombe éperdument amoureuse du héros, parce que, rappelons le, c’est lui l’élu.

Au final, vous agirez en co-auteur, ce qui est mal ! Il vaut donc mieux relire dans un silence religieux, ou dans une ambiance désagréable (comme le rer durant une période de grève, dans un bouchon lorsque les pompes à essence sont vides, voire pendant un enterrement).

Ne relire que des œuvres que vous n’aimez pas :

Plus vous relirez des œuvres qui ne correspondent pas à vos goûts, moins vous serez tenté de les corriger. Vous adorez le splatterpunk, concentrez-vous sur les livres jeunesses. Vous dévorez Stephen King, relisez du Houellebecq. Le texte vous horripilera tellement que vous ne pourrez que relever ce qui ne vas pas, sans en toucher la moindre ligne.

– Ne relire que des auteurs vieux et confirmés :

On ne le dira jamais assez, les jeunes ne savant pas écrire. Evitez de plonger dans le manuscrit d’une personne de moins de quarante ans. De la même manière, refuser systématiquement tous manuscrits d’un auteur n’ayant pas édité au moins livre ! Les auteurs amateurs, racontant leurs mémoires, peu importe leur âge, ne connaissent que rarement la grammaire et surtout, ne savent pas raconter.

Relisez plutôt des auteurs confirmés, pour lesquels vous n’aurez que peu de remarques. Avec un travail minimum à effectuer, vous vous garderez du risque de réécriture.

Conclusion :

Relire tout en se retenant de réécrire n’est pas chose aisée. Tout relecteur est soumis à cette tentation et doit lutter contre lui-même pour ne pas sombrer dans la dépendance et la dépravation. Aussi, respectez les règles précédemment citées. Elles ont sauvé la vie à bons nombres de relecteurs débutants.

Pour infos : j’ai craqué une fois. L’exemple en image ci dessus en est la preuve. Après six mois de traitement, je réussi à retrouver une vie normale. Mais je me garde de relire tout et n’importe quoi… Sous peine de sombrer à nouveau…

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