La relecture professionnelle ou comment vivre en dessous du seuil de pauvreté

On me demande souvent : peut-on vivre de la relecture ? La réponse est simple : oui.
Mais il faut connaître les ficelles de se métier pour s’en sortir. Voici quelques conseils pour un relecteur débutant qui cherche à changer de métier.

1/ Relecture et argent

Un relecteur n’est pas un littéraire, non, c’est un entrepreneur !
Le relecteur est un comme tout entrepreneur : il doit payer des charges, des impôts, des taxes foncières etc etc.
D’ordinaire, un entrepreneur effectue une étude de marché pour savoir si son entreprise sera rentable. Pour un relecteur, nul besoin de le faire : tout le monde veut écrire. Potentiellement, tous les Français ayant le bac sont ses clients (80 % par classe d’âge, merci mittmitt). Donc, par calcul rapide 80% de 66 millions, ça donne… une tétrachiée (j’ai fait Histoire, pas Math hein!).
Nous passons donc à l’étape suivante.
Là où il faut faire attention, c’est sur le prix de sa prestation. Un relecteur, sauf cas contraire, est un être humain et en tant qu’être humain, il ne peut pas relire 370 000 pages par jour. Il faut concilier sa tarification avec ses capacités intellectuels et son niveau de vie.

Pour les capacités intellectuelles, démerdez-vous : il est impossible de vous rendre plus intelligent. Si vous pensez que si, c’est que vous êtes plus con encore que la moyenne.

Pour le niveau de vie : pensez qu’en le restreignant, on obtient une limitation des dépenses qui collent avec une limitation de salaire. Cette étape est indispensable : un relecteur ne gagne pas 30 000 euros par mois. Je le sais, je le suis. Je roule en Visa, j’ai des pantalons en velours, bref, j’ai la tronche d’un prof de collège des années 80, la clope en moins (mais pas l’alcool).

Nous en arrivons aux données scientifique. Roulement de tambour : comment calculer son nouveau niveau de vie !
Pour cela utilisez l’opération suivante :
nombre de caractère lu en une journée x prix d’un caractère lu x jour travaillé en un mois = salaire brut
le salaire net = salaire brut / 2.
Comme vous ne pourrez augmenter le nombre de caractères lu en un jour de manière exponentielle, tapez plutôt sur le prix.

Souvent, un relecteur se fait payer au caractère (espace inclus, parce que bon, faut pas déconner) entre 0,001 et 0,01 euros par caractère. Ca parait peu ? Prenez un roman court de 200 000 caractères ; cela vous donne comme fourchette : 200 et 2000 euros. Pour le même travail. Voyez combien il vous faut relire pour arriver à un smic.
La différence entre ces deux couts ? Le niveau de relecture, la classe du relecteur, la marque de la voiture du relecteur.

Autre point : n’hésitez à vous inscrire à toutes les aides sociales possibles et inimaginables ! D’où qu’il vienne, l’argent est bon à prendre. Et puis, vu ce que vous payez comme taxes, dites-vous que c’est un juste retour à l’envoyeur.

2/ La relecture professionnelle : c’est un métier

La relecture professionnelle, c’est un métier de l’artisanat et en tant qu’artisan, vous devrez adopter la même manière d’agir et de penser : baissez vos prix pour appâter le client, promettez lui monts et merveilles, puis faites le signer le contrat, payer une avance et une fois fait, jouez sur les délais. Faites le mariner. Faites lui repayer une avance. Précisez lui que le travail est conséquent, qu’il faudra plus de temps, qu’il est nécessaire de remettre à plat le devis, et faites lui en un nouveau, avec un échéancier revu à la hausse. Bref, entubez le.
Un client sous contrat ne s’en ira pas comme ça.
Pour vous en sortir, il suffit de faire ça à une dizaine de personne par moi, ce qui est largement possible vu le nombre de scribouillards espérant devenir auteur et pensant que leur manuscrit, est LE bestseller attendu par l’édition depuis 1836.

Vous l’aurez compris, il faut contractualiser vos interventions.
Non seulement vous aurez sur papier les engagements respectifs, mais en plus vous gagnerez en respect et en crédibilité : un contrat, y a pas dire, ça fait pro !

Attention comme tout artisan, il vous faudra bien choisir vos clients.
Nous y reviendrons dans un prochain article.

Conclusion :
Il existe encore moult conseils pour s’en sortir, que je ne peux pas rassembler sur une seule page (en fait, avec internet, les pages n’ont plus de bas, donc je pourrai le faire, mais j’ai la flemme).
ce qu’il faut retenir, c’est que gagner sa vie en tant que relecteur, c’est possible. Suffit juste d’entuber les auteurs.

2 réflexions sur « La relecture professionnelle ou comment vivre en dessous du seuil de pauvreté »

  1. Avec tout ce que tu dois engranger, tu es soumis à l’ISF, pas vrai ?…enfin à l’ISTGF (celle des encores plus grosses) ! Ah bon, y’a pas ? mais c’est génial !
    Merci infiniment du tuyau.
    Je te dois combien ?
    B&O

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