Mais au fait, c’est quoi une histoire ?

Dans l’article précédent il a été question de la manière de planifier son texte. Poursuivons donc notre plongée dans le monde de la narration avec aujourd’hui la question de l’histoire en tant que telle.

Ecrire, c’est raconter une histoire. Disons le tout de suite : oubliez la volonté d’être originale ! Depuis que l’homme écrit, il n’a eu de cesse de réécrire les mêmes histoires, histoires elles-même venant d’une tradition orale remontant à l’âge de pierre, tradition orale remontant elle-même à la première invasion extraterrestre qui a vu l’apparition du genre humain. Contentez-vous de bien raconter une bonne histoire. Ce sera déjà pas mal.

Alors, une histoire est composée de trois éléments : une situation originelle, un développement, une conclusion. Passons-les en revu.

La situation originelle.
La situation originelle peut être de n’importe quel ordre :
– un couple d’amoureux roulant dans un champs de blé,
– un vieil homme vivant avec son chien dans un appartement triste et délabré,
– un chasseur de prime qui attend un nouveau contrat
etc etc
Comme on le voit, la situation originelle est constituée de plusieurs éléments :
– le ou les personnages principaux,
– le lieux de départ lié au personnage principal,
– le contexte de ce personnage (social, économique…).

La situation originelle est extrêmement importante. Elle donne une assise solide au texte, et elle doit tout de suite accrocher le lecteur. Il faut donc la choisir avec précaution : une situation ennuyeuse fera que le lecteur décrochera, jettera votre livre et criera autour de lui combien vous êtes un auteur emmerdant (ce qui est contreproductif !).

Le développement.
Durant les pages qui vont défiler, le ou les personnage(s) principal(aux), va (vont) vivre des aventures divers et variées (nous allons rester sur le cas d’un personnage, sinon se sera bordélique avec les parenthèses).
Là, un étudiant en philosophie me demandera : « pourquoi des aventures ? »
Et je répondrai : « parce qu’une histoire, c’est un voyage, une évolution, une progression, ptit con ! ».
Et oui : il arrive des choses à votre personnage, et ces choses le transforment.
Quelques exemples ?
Cas classique que la littérature française :
– il tombe amoureux,
– il conquiert sa belle,
– le quotidien le bouffe,
– il rompt,
– il retrouve de vieux copains,
– il voit que ça ne le mène nul part,
– il retrouve sa belle.
Cas classique d’histoire de cul à la française, tournant un peu en rond, modifiable grâce à des artifices tels que l’apparition d’autres couples, le cocufiage, les amis partouzeurs etc etc
Cas classique de la littérature US :
– il est un loozer timide,
– un agent secret lui confie un secret (normal, c’est son travail),
– il fuit devant ses ennemis (normal, c’est un loozer),
– il rencontre une blonde plus ou moins mêlée à l’intrigue,
– ils fuient,
– il tombe amoureux,
– il puise dans cet amour la force d’affronter ses ennemis,
– il gagne et se tape la blonde.
Progression de tout un chacun vers le héros caché au fond de nous ou ré-interprétation du rêve américain.
On constate que le développement repose sur une progression, des rebondissements. C’est là que se déroule l’histoire.
Pour les universitaires que nous sommes, une histoire en 3 volets est un bon premier exercice. Reprenons le cas du français au dessus :
– 1/ De l’amour à la conquête
– 2/ Du quotidien à la rupture
– 3/ De la vie de célibataire aux retrouvailles.
Idem pour notre ami américain :
– 1/ Une mission dangereuse (la rencontre et la fuite)
– 2/ Une rencontre inattendue (la blonde et leur fuite commune)
– 3/ le retour du vengeur masqué (moment où amoureux, plein d’hormones, il s’en va botter le cul des méchants).

La situation finale.
Toute histoire possède une fin. Si si, sinon nous écririons sans fin.
Une bonne fin comporte quelques éléments :
– la révélation de tous les mystères découverts durant le développement,
– une conclusion définitive ou ouverte de l’intrigue,
– la mise en exergue de combien le personnage a changé.
Dans nos exemples nous aurions :
– le franchouillard retrouve sa femme plus amoureux que jamais, conscient de ces erreurs.
– l’américain a sauvé le monde, il a gagné une femme, il n’est plus un loozer et a  enfin confiance en lui.
Faut-il une morale ? Pas nécessairement. Le changement du héros se suffit à lui même. Vous pouvez toutefois l’inclure mais attention : le lecteur aime la distraction, pas qu’on lui fasse la morale. Si vous avez un message à faire passer, glisser le plutôt durant le développement, et avec subtilité.
N’oubliez pas que la conclusion laissera l’arrière goût final de votre livre au lecteur. Il faut donc le soigner particulièrement. Un final réussi, c’est un lecteur qui vous achètera votre prochain volume. Dans le cas contraire, vous êtes bon pour changer de nom.

Conclusion.
Ecrire c’est un peu comme faire des disserts. La méthodologie est proche. Toutefois, là où le bachotage vous apporte le nécessaire pour remplir vos feuilles sans ligne à l’université, il faudra à l’auteur de l’imagination.
Sans imaginaire, un auteur n’est rien !

Le conseil du jour : inventer des histoires, des plans, des personnages, tous les jours. Il n’est pas indispensable de savoir écrire pour devenir écrivain. Par contre, il faut avoir quelque chose à raconter. Même des bouts de wikipedia…

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