Le maître du haut chateau – Philip Kindred Dick

Ce cher Philip a bercé notre adolescence : ses livres sont devenus des films célèbres, et bien des années plus tard, une fois la barbe grisonnante venue, on se surprend à penser : « Mais tiens, que donnait ses bouquins au fait ? ». Alors on court à la Fnac, on en achète quelques uns, et on les lit (non je n’ai pas de contrat avec la Fnac, mais cette boutique et la Griffe Noire sont mes dealers préférés).

Mon premier est « Le maître du haut château », une uchronie – ma première lue soit dit en passant – qui raconte la vie de quelques personnages dans un monde où l’Allemagne nazie et le Japon auraient remporté la guerre et se seraient partagé le monde.

Alors qu’en dire ?

Lecture agréable, style fluide, introspection juste, profonde, mais qui sait éviter la sursesnsibilité (ce qui est bien parce que j’apprécie moyen les barbus virils qui font des introspections féminines autour de leur nombrilissime personne – je les préfère bien matcho pour tout dire). Personnages construis, ambiance lourde, cadre simple et efficace, il évite l’écueil de la totalidescription, écueil qui touche souvent les écrivains de l’imaginaire. L’auteur sait donc faire vivre des personnages intéressants et doser les informations qu’il délivre (c’est encore heureux car je déteste être noyé sous des tonnes de détails indigestes). En un mot, il est doué. en même temps, vu le cv, c’est le moins qu’on puisse dire.

L’histoire maintenant, c’est là où il manque quelque chose : développer un cadre, des personnages, des rebondissements, ok, mais encore faut-il une conclusion, une ultime page qui fasse décoller le récit, et le lecteur, et qui lui fasse sentir que non, il n’a pas perdu son temps en utilisant le peu de son espérance de vie pour lire ce livre. Or là, cette fin manque. Alors c’est un bon livre, mais qui sent le non fini. Du coup, on regrette la perte de son espérance de vie.

Qu’en retirer ?

La définition d’une uchronie. Loin d’être évident, reconstruire un monde différent est un exercice périlleux. Le rendre logique, efficace, sans se perdre, et savoir le raconter sans noyer le lecteur, c’est la marque d’un gros travail en amont. Tout auteur curieux de ce type d’ouvrage devrait se jeter dessus et le lire deux fois. Une fois comme lecteur, une fois comme auteur.

Faut-il le lire ?

Oui. ce n’est pas le livre du siècle, mais rien que pour le monde inventé, il mérite qu’on s’y attarde. Foncez !

Ce truc m’a donné envie de lire d’autres ouvrages du sir short Dick men 😉

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