Socrate dans la nuit – Patrick Declerck

Les auteurs belges, c’est comme les bières belges, il faut les savourer. Mais comme ils ne sont pas toujours connus, ni mis en tête de gondole, il faut aller les chercher, les découvrir et parfois, se prendre une claque.

Cet auteur, je ne le connaissais ni d’Eve, ni d’Adam, ni de qui que ce soit d’ailleurs. J’ai trouvé son volume perdu dans un rayon du salon du livre 2011 où une pancarte clamait : « Littérature Belge ». Je me suis posé une première question : « la Belgique existe encore ? » ; puis une seconde : « ils ont des auteurs les Belges ? ». Vu que la Belgique est un pays développé – je crois, qu’elle possède un système scolaire comparable – j’imagine – et que les belges ne sont ni plus intelligents, ni plus idiots que les français – en théorie, force est de supposer que oui, il doit bien exister des auteurs dans le plat pays. Je l’ai donc acheté, curieux, et me suis jeté dessus, une fois que la bise fut venue.

De quoi ça parle ?

D’un vieil homme qui est atteint d’une tumeur au cerveau et qui va mourir.

Faut-il le lire ?

ABSOLUMENT ! Ce livre met en scène un personnage cynique, ironique, maladroit et conscient de ses faiblesses. On rit, on compatit, on se fâche avec lui, bref on vibre durant la lecture, et on se prend à bien l’aimer, ce Cornélius.

Pour un auteur en devenir, il est intéressant de découvrir la construction entremêlée de cet ouvrage : chaque chapitre raconte une partie de l’histoire du personnage, au gré de ce qui se passe, du fil de ses souvenirs, et une partie des derniers jours de Socrate, comme une comparaison des destinées, des siècles plus tard. Tout cela fonctionne admirablement. De plus, le caractère du personnage principal doit être observé à la loupe par un jeune auteur : c’est le moment d’apprendre combien il peut être un pourri, et combien le lecteur peut l’aimer malgré tout. C’est une incitation à la création de personnages creusés, mauvais, animés par une logique propre. Intéressant donc.

Pour le lecteur, ce livre fourmille de moments amusants, de remarques pertinentes et de critiques acides qui ne manquent pas de rythmer la lecture. Tout cela est plaisant, divertissant, pour peu que vous ayez le même humour que l’auteur, humour que n’a pas forcément tout le monde…

Conclusion :

Au prochain salon du livre, jetez-vous dessus.

Ps : j’avais écrit un roman à l’esprit comparable et au sortir de cette lecture, je m’aperçois combien mon texte est similaire à celui-ci. Je me vois donc obligé de revoir ma copie : bien que le lecteur adore qu’on lui rabâche les mêmes histoires, il n’aime pas qu’elles soient écrites de la même manière. Je dois donc tout réécrire…

Merci, M Declerck. Pour la peine, je boirai une Duchesse Anne ! Rien que pour vous emmerder !

 

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