Les particules élémentaires – Michel Houellebecq

Lorsque j’ai dit à mon entourage que j’allais lire Houellebecq, il y a eu comme un blanc, comme une gêne, comme si j’avais dit une insanité. On m’a souhaité « bon courage », un peu gêné. Certains m’ont souhaité « Bonne nuit ». Etonné, j’ai fait une recherche sur internet et j’ai trouvé ce genre de phrase : « Michel Houellebecq, écrivain que le monde entier nous envie, n’est pas facile à aimer. Il se moque des droits de l’homme, ignore les droits de la femme, et s’intéresse peu aux enfants, ne parlons pas de la famille. » J’ai donc compris. C’est un auteur un peu (beaucoup ?) détesté. Mais qu’écrit-il ? Après tout, on juge un auteur sur ses textes… Alors je me suis lancé, j’ai ouvert « Les particules élémentaires » et j’ai commencé à lire…

De quoi ça parle ?

Citation Fnac : « Les particules élémentaires est la chronique du déclin d’une civilisation – la nôtre – qu’illustre l’existence plate et morose de deux demi-frères, Michel et Bruno, confrontés à leur misérable condition. Car tandis que Bruno s’abîme dans une quête désespérée du plaisir sexuel, la vie amoureuse de Michel continue d’être un pitoyable désastre. »

C’est tout à fait ça, je confirme (quel talent cette Fnac !).

Faut-il le lire ?

Rien que pour voir la réactions de vos proches, ça vaut le coup. De préférence, amenez ce poche lors de fête de famille (anniversaire ou noël). Pugilat garantie !

En tant qu’auteur, il est intéressant à plusieurs titres : ce livre inclut quelques passages qui sentent le copié-collé. En tant qu’auteur, je vous invite à masquer un peu plus votre travail pré-écriture : ce genre de passages est ennuyeux et mal intégré au texte (exemple notable : les acariens). Ils expliquent en partie l’adjectif que l’on m’a donné pour décrire cet auteur : « superfétatoire ». Autre point, ce texte possède des lourdeurs, des répétitions, des tournures un peu étranges qui donnent une impression de « vite fait, mal branlé ». D’ordinaire, un auteur peaufine son texte, le lit et le relit jusqu’à ce que ses yeux saignent, jusqu’à devenir un psychopathe, prêt à tuer le premier relecteur lui faisant la moindre remarque. Or là, ces approximations laissent un arrière goût de fainéantise un peu gênant. J’invite donc les jeunes auteurs à ne pas faire de même. Le texte est également parsemé de phrases choquantes, de pics lancés au lecteur, pour le provoquer, le déranger, voire le dégoûter, et ça, j’apprécie : il n’y rien de pire qu’un texte niais. Par contre, pour un jeune auteur, méfiance : faire du choquant pour faire du choquant, ça ne mène nul part. Il faut savoir doser ces attaques. Et pour savoir les doser, il faut lire beaucoup de livre utilisant ce genre de stratagème. Enfin, la trame narrative a quelque chose d’attirant. Peut-être est-ce dû à mes goûts littéraires, mais en le lisant, je me suis surpris à sauter les passages « superfétatoires » pour m’attacher à la moelle de cette histoire. Et là par contre, je dois avouer que j’ai bien aimé (surtout l’épilogue). Ayé, c’est dit, vous pouvez me fouetter.

Pour un lecteur, je le recommande tout de même : avant de détester un auteur, lisez-le. Après vous pourrez lui cracher dessus.

Attention : je ne jugeais qu’un texte, pas son auteur, et encore moins ses propos.

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