Le casting d’un récit ou qui qui va jouer quoi ?

J’ai failli oublier ce détail d’importance, et en lisant « Lire magazine » de ce mois-ci, où une note stipule : « ces personnages pas charismatiques pour deux ronds » (je cite environ), je me suis rappelé que le casting, c’est quand même une étape importante d’un texte.

Alors voici un petit point sur comment choisir / construire ces personnages.

1/ Construire, c’est choisir :

Je rappelle à l’auteur que vous êtes, que vous DEVEZ construire vos personnages, pour cela, il faut d’abord savoir qui vous voulez mettre en scène. Il existe plusieurs techniques, mais qu’il faut sélectionner au regard de votre texte, et de votre envie.

La technique d’autofiction, dit technique de « feignasse » :

dans celle-ci, le personnage que vous allez mettre en scène, c’est vous, ou une partie de vous.

Vous utilisez donc vos souvenirs, vos états d’âme, vos pensées, votre histoire, pour nourrir un personnage qui vous ressemble.

Vu comme ça, ça semble facile. Et en fait, ça l’ai. Le seul défaut, c’est que le personnage n’est pas vraiment dense, et que tous vos textes se ressembleront. C’est pour ça que les auteurs de littérature générale l’utilise souvent.

La technique de l’externefiction, dit technique de « pompage » :

Dans ce cas, il s’agit de pomper dans les autres livres, séries ou films, les personnages que vous souhaitez mettre en avant.

Exemple:

« Je vais raconter l’histoire d’un groupe de mercenaires trompe-la-mort qui affrontera des méchants. Bon, comment vais-je constituer mon groupe ? Facile, je reprend celui de l’Agence Tous Risques, mais je modifie deux trois trucs. »

Ou :

« C’est l’histoire de deux amoureux qui n’en peuvent plus mais qui ne peuvent afficher leur amour au grand jour parce que leur facebookgroup ne peuvent pas se sentir… J’vais piquer des trucs du coté de chouchou & loulou ».

Cette technique a au moins l’avantage de vous faire tomber dans les clichés, ce qui donne tout de suite à votre récit un air de vraisemblance.

La technique de la création ex nihilo ou « avant j’étais un roliste » :

Cette fois il s’agit de construire un personnage de A à Z.

Construire un personnage c’est connaitre sa famille, son enfance, ses amis, sa femme, ses enfants, ses goûts, ses dégoûts, ses envies, ses forces, ses faiblesses, en un mot, tout ce qui le compose.

A l’image d’un jeu de rôle, créer une fiche de personnage peut se révéler capital, surtout si votre texte comporte plusieurs personnages.

Cette fois, c’est plus ardu : un groupe fantasy trop original déroutera votre lecteur.

Exemple :

le guerrier barbare gay, le magicien fan de musculation, le voleur berserker ou le prêtre pédophile… ça ne passera pas.

Il faut donc savamment mélanger cliché et originalité, sans oublier toutefois que le lecteur adore lire la même histoire.

2/ De là, combien de personnages dans un texte ?

Choisissez en fonction de votre récit.

Pour la fantasy :

un texte nécessite un ou plusieurs héros, et un méchant pas méchant mais charismatique. N’hésitez pas à utiliser des stratagèmes du type : il n’est pas méchant, son but est légitime, mais il s’y prend comme un manche ; ou il est méchant, mais c’est parce que son papa le frappait pendant que sa maman faisait le trottoir en buvant.

Au final, vous vous retrouvez vite avec au minimum une dizaine de personnages.

Pour la sf :

c’est un peu la même histoire. Mais attention : il faut adapter l’équipement. Et vous pouvez varier un peu : le méchant est un extraterrestre, le héros est un mutant, le groupe est virtuel, personne n’existe etc etc

Le nombre de personnages est similaire.

Pour le fantastique :

cette fois, c’est le personnage principale et son entourage qui son déterminant. N’hésitez pas à faire une feuille de personnage pour les animaux de compagnie, et sacrifiez les dès que l’occasion se présente (c’est toujours triste un animal qui meure).

Cette fois, il est possible de ne recourir qu’à cinq personnages (animaux compris).

Pour l’horreur :

Même combat que précédemment.

Pour la littgen :

il n’y a pas de règle. En générale, c’est un homme, et une femme, et quelques amis.

Disons que de deux à cinq personnages peuvent donc intervenir.

3/ Adapter sa technique aux nombre de personnages

Ba oui, si vous écrivez de la fantasy, utiliser la technique de l’autofiction est plutôt casse tronche : fabriquer 20 personnages avec 20 morceaux de vous ; soit vous êtes un dangereux schizophrène, soit vos personnages se ressembleront.

Notez : vous pouvez mêlez les techniques de création : un personnage sera vous, deux autres auront leurs feuilles de persos, les autres seront des clichés faire-valoir.

Conclusion :

le travail ne fait pas tout. On ne le dira jamais assez, mais un bon auteur peut être feignant, pour peu qu’il réfléchisse bien et qu’il utilise les bonnes stratégies. Pour ce qui est des personnages, vous aurez compris, suivant le type de texte, vous devrez choisir votre technique de création.

L’important, c’est de bien réussir ce casting : rien n’est pire qu’un livre avec des personnages insipides.

Et si vous ne vous sentez pas l’âme créatrice… Pourquoi donc essayez-vous d’écrire ? Faites donc du tricot ! Ou de l’ultimate ! Sympa l’ultimate…

Ps : je ne parle pas de la bit-lit… parce que je n’en lis pas, même si.. Non ; rien.

4 réflexions sur « Le casting d’un récit ou qui qui va jouer quoi ? »

    1. Ah oui, un oubli.
      Je la positionnerai non loin de l’autofiction, dans une case « observation ». Les mecs qui écrivent oublient parfois qu’il faut observer leurs contemporains. Dans le métro, il y a une mine de personnages, du grand méchant à la tête à claque, de l’improbable à l’inimaginable 😉 Et je ne parle même pas des amis ou de la famille où là… Non, la fiction ne serait plus vraisemblable 🙂
      Bien vu en tout cas ! Mea culpa 😉

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