Mathilde – Jérôme Cayla

Pour la deuxième fois, j’ai lu le livre d’un auteur que je connais, que j’ai rencontré, avec qui je discute sur internet et que j’apprécie beaucoup. Plus qu’une lecture, ce fut donc une rencontre, un regard nouveau.

J’entends déjà mes fans hurler à la trahison : « Comment seras-tu objectif et critique, puisque tu connais l’auteur, VENDU ! ». Je leur répondrai que s’apprécier et s’estimer, ça ne veut pas dire être condescendant. De plus, le but des articles est de trouver ce qui, dans un livre, peut intéresser un auteur. Je ne suis pas là pour donner un avis subjectif avec des arguments du type « lisez-le, c’est trop bien, je l’ai lu en une traite »…

Parenthèses closes, passons au livre, le véritable sujet de cet article.

Tout d’abord, de quoi ça parle. Pitch de mon partenaire non officiel :

« Comme tous les ans avant la période estivale, Marie vient ouvrir la grande maison familiale située en face de la mer. Cette fois-ci, un sentiment étrange l’envahit, la suivant comme une ombre. Elle ne se sent pas seule…Pour Marie, le temps s’arrête comme lors d’un rêve. Mais oui, elle a sûrement rêvé, s’imaginant des choses impensables dans sa réalité toute cartésienne. Est-elle sotte ! Mais quand bien même, elle aurait juré, pourtant, qu’auprès d’elle s’est manifestée une étrange perception.
Pour garder en l’état une chose aussi fragile qu’un héritage familial, on en rajoute, sans jamais retirer le souvenir d’autrui. Parfois, cela donne l’opportunité à quelques fantômes de ressurgir du néant où chacun les pensait ensevelis, tombés dans la désuétude des jours… Moi, je regarde vivre cette famille depuis des années. Enfin, quand je dis que je regarde, cela veut dire que j’accueille ; parce qu’avec les années qui se succèdent, cette maison est devenue une entité à part entière, évoluant un peu en moi-même ou est-ce moi qui me suis fondue en elle ? »

Il s’agit d’une rencontre, d’une vie racontée, partagée, d’histoires de familles et de voyages, au XIXe siècle (si je ne m’abuse).

Faut-il le lire ?

Pour un auteur, FONCEZ : Jérôme est quelqu’un qui lit énormément, qui est impliqué dans le monde littéraire (service de presse ou fiche de lecture), il possède donc un œil acéré, critique et expérimenté. Il n’écrit pas n’importe comment ! Bien au contraire, il travaille sur la sonorité des phrases, la construction des paragraphes et la narration. Deux points révélateurs sont à noter : il a accompli un gros travail sur le vocabulaire des voiliers et autres transports maritimes. Première leçon donc : un auteur, se doit de se renseigner sur l’univers qu’il veut dépeindre. Il y va de la cohérence et de la vraisemblance de son récit. Deuxième point : l’équilibre entre dialogue et narration est particulier. A l’heure actuelle, où les auteurs recourent souvent aux dialogues pour dynamiser un texte, lui donnant un air de pièce de théâtre ou de scénario, Jérôme utilise les dialogues avec parcimonie. Résultat, n’est dit que ce qui doit l’être. Ce recours précis est étonnant et doit questionner l’auteur que vous êtes : à quel moment vos personnages  doivent-ils parler, et quand doivent-ils la fermer pour vous laisser raconter votre histoire. A vous de voir. Mais au moins, vous vous poserez la question. Enfin, vous verrez comment exprimer des sentiments, sans en faire trop.

Pour un lecteur, je vous le conseillerai rien que pour découvrir Jérôme en tant qu’auteur. Son style et sa délicatesse mérite le détour.

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