Les vacances d’un serial killer – Nadine Monfils

La littérature, je l’ai déjà dit, c’est comme la bière : il faut la découvrir et la savourer. Elle le mérite.

Acheter au détour d’un stand du Salon du livre, interpelé par le titre, je me suis dit, voici quelqu’un qui a mon humour, jetons-nous dessus (oui, je me parle à la première personne du pluriel, question de respect).

Je l’ai lu.

De quoi ça parle :

« Comme chaque été, Alfonse Destrooper part en villégiature à la mer du Nord. Josette, sa femme, est bien décidée à se la couler douce, entre farniente à la plage et shopping dans la station balnéaire. Les enfants, Steven et Lourdes, emportent leur caméra pour immortaliser ces vacances tant attendues. Quant à la mémé, véritable Calamity Jane, elle les accompagne dans sa vieille caravane.

Une comédie décapante, teintée d’humour noir et d’un zeste de poésie, un hymne à la Belgique. »

Faut-il le lire ?

Pour un auteur : OUI !

L’apprenti auteur peut vouloir écrire des textes plein d’humour, se voulant drôle. Première remarque : écrire drôle, c’est dur ! Ca ne se fait pas n’importe comment et ça nécessite une finesse d’écriture et une mise en scène particulière (en règle générale, j’aime à dire qu’il faut que les personnages soient extrêmement sérieux, pendant qu’ils font n’importe quoi).

Ce roman pose donc la question du : « jusqu’où peut-on aller dans l’humour ». Pour ma part, je trouve que l’auteure va trop loin. On est dans le rocambolesque. L’histoire n’est pas crédible, et l’on rigole, sans y croire (spoil : je pense notamment au premier meurtre de la grand mère). Je préfère l’humour lorsqu’il se saisit de situations possibles, et qu’il glisse doucement dans l’incroyable (comme pour « Le diner de con »). C’est une affaire de goût, qui ne retire rien à la construction étonnante de ce livre.

Ce livre pose également la question du : « avec quel humour écris-je ? ». L’humour peut être noir, politique, sociale, railleur, agressif, vulgaire etc. Un auteur se disant  : « je veux écrire un truc drôle ! » devra donc se demander dans quelle gamme il compte jouer. N’est pas Devos qui veut, ni Bigard.

En un mot, vous trouverez tout un tas de question qui vous tracasserons lorsque vous vous retrouverez face à votre traitement de texte préféré.

Pour un lecteur : vous pouvez l’emporter sur la plage, c’est un très bon compagnon. Attention toutefois : si vous n’aimez pas le rocambolesque, passez votre chemin.

Ps : lisez Belge ! Dieu vous le revaudra !

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