La neige tombait sur les cèdres – David Guterson

Derrière ce titre très « film français » se cache un livre… Un livre. Et c’est déjà pas mal.

Première remarque, beaucoup de gens l’ont lu et l’ont aimé. Seconde remarque, il a eu du mal à être édité. Je me suis donc dit : « Ha ha ! Encore une pépite que les comités de lecture ont loupé ! ». Etant donc officiellement dans un comité de lecture, je me suis intéressé au texte en me disant : « Et si je recevais ça, qu’en ferai-je ? Serais-je meilleur que ceux qui l’ont méjugé ? Ai-je des yeux bioniques qui me permettent de découvrir LE texte qui sera vendu à millions et fera de moi un agent littéraire aussi riche que son auteur ? ». La réponse est vite tombée : non.

De quoi ça parle : « En 1954, sur l’île de San Piedro, un Américain d’origine japonaise, accusé de meurtre, est traduit devant le tribunal. Lors du procès refont surface les souvenirs de la guerre du Pacifique, les camps d’internement des Nippo-Américains, les passions, les préjugés, le racisme ordinaire de cette petite communauté de pêcheurs et de fermiers… »

A noter : pour ce premier roman, David Guterson a reçu le « Pen Faulkner Award ». Ok. Bon. admettons.

Pour moi, ce texte ne manque pas de charme : un accident qui est sans doute un meurtre (ou l’inverse), un procès avec… un rebondissement, un accusé que tout accable, une époque trouble qui plaque sur l’accusé tout un tas de préjugés. Bon, c’est dense, c’est bien écrit, c’est un peu linéaire, ça manque de surprise, mais surtout, c’est trop immersif. Ce truc m’a noyé. Je me suis fait reprendre il y a peu sur le thème « trop de détails nuit à la narration » (ce qui est loin d’être mon habitude d’ordinaire). Et cet auteur, les détails, il les adore. Il nous raconte ses personnages en long et en travers, ce qu’ils pensent, ce qu’ils aiment, ce qu’ils font, ce qu’ils rêvent de faire, ce qu’ils ont fait, jusqu’à plus soif. J’ai mis un temps fou à m’en sortir !  Et j’ai l’impression de ne plus être un numéro (de page !), mais un homme, LIBRE !

Ce texte est pour moi trop lourd. A la limite de l’indigeste, malgré une idée sympa.

Faut-il le lire ?

Pour un auteur… Je ne sais pas. Peut-être comme contre exemple… C’est bien écrit malgré tout, mais vous adhérerez, ou pas.

Pour un lecteur, idem : une chance sur deux. Soit vous faites parti des millions de lecteurs qui l’ont adoré, soit vous serez comme moi, étouffé, et vous le refilerez à votre grand mère (en espérant la finir pour récupérer son héritage).

Ps : comme quoi les goûts…

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