Le grand secret – Barjavel

Barjavel est un auteur qui mérite d’être lu. Tout d’abord parce qu’il est mort (un auteur mort est souvent plus légitime qu’un auteur vivant), ensuite parce qu’il a écrit des romans d’anticipation et de sf assez originaux. Avec « La faim du Tigre », j’avais découvert un auteur surprenant et intelligent, avec « Ravage », j’avais trouvé un conteur amusant et implacable ; je me suis donc jeté sur « Le grand secret », pour voir ce qu’il me réservait.

Pitch ! sur ce coup là mon sponsor non officiel ne m’aidera pas (sur le site on peut lire : « Difficile de résumer ce livre où la réalité historique se trouve mêlée à la fiction avec une habileté et une imagination surprenante. »). Je piquerai donc ce résumé provenant de Wikipédia : « Jeanne aime Roland. Un jour celui-ci disparaît mystérieusement sans laisser de traces. Jeanne, décidée à le retrouver mène son enquête qui va vite la mener à soupçonner l’existence d’un secret très bien gardé et connu de très peu d’hommes sur Terre. »

Le personnage principal de ce livre est bien ce « grand secret ». Le point fort du premier livre est bien de sans cesse faire référence à ce secret, sans jamais le nommer. L’exercice est casse gueule : on pourrait s’ennuyer, trouver ce mystère trop artificiel, et bien non. Bien on contraire, on cherche à lire entre les lignes, à deviner ce qu’est ce secret ; c’est à la fois jouissif et très prenant.

Autre point intéressant de ce livre est : « que celui-ci prend place dans les années 50 à 70 et n’hésite pas à utiliser des événements et des personnages historiques réels en les intégrant à l’intrigue du roman. »

Un roman mêlant donc réel et fiction. Ce point est plus épineux : les allers retours entre les grands de ce monde sont parfois intéressants, parfois ennuyeux, surtout une fois le secret révélé.

Le point faible de ce livre est justement la révélation :  l’auteur a utilisé une technique interdite depuis 1954, lors de la 25e réunion de la Guilde des Ecrivains, qui consiste à utiliser des majuscules pour « crier » à la face du lecteur. L’effet tombe à plat.

Dernier point : une fois le mystère élucidé, le livre s’ouvre sur une second partie très différente. Cette fois, le lecteur est emporté dans une narration un peu plus standard : le récit a perdu son personnage principal (le secret), il se raccroche aux personnages secondaires (les tourtereaux) pour se poursuivre. C’est moins efficace, moins prenant, voire ennuyeux. La fin s’étire jusqu’au dénouement final, qu’on apprécie ou pas, suivant sa sensibilité.

Faut-il le lire ?

Un auteur découvrira un équilibre intéressant entre le non-dit, le caché, et les informations à délivrer pour que le lecteur soit accroché (et surtout, ne décroche pas). Le livre 1, donc, est à lire professionnellement. Le livre 2 est intéressant pour les problèmes qu’il soulève, mais très rapidement, il devient trop fade. Passez votre chemin.

Pour un lecteur, l’ensemble est un bon moment, une bonne histoire, quoiqu’un peu légère pour être totalement prenante. A découvrir si vous n’avez rien de mieux à lire.

(Source des citations : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Grand_Secret_%28roman%29)

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