Les heures souterraines – Delphine de Vigan

Je ne connaissais pas Delphine De Vigan, je veux dire par là que je ne l’avais jamais lu. Puis, sur les étagères de mon dealer de livre officiel, j’ai vu son ouvrage dépasser. Je me suis dit : c’est petit, c’est une auteure contemporaine, ça vaut le coup de jeter un oeil. Depuis, elle a reçu des prix, elle est célèbre, il est donc peu probable que nous prenions une bière ensemble dans un pub littéraire.

Alors, les heures souterraines, de quoi ça parle ? « Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. »

C’est fort bien résumé. Le résumeur de mon dealer ajoute : « Les Heures souterraines est un roman vibrant et magnifique sur les violences invisibles d’un monde privé de douceur, où l’on risque de se perdre, sans aucun bruit. »

Bon, là, il y va un peu fort. En vérité, c’est un roman qui joue sur la violence du quotidien, notre capacité à la subir, à y résister, et à la laisser nous submerger, soit à cause de nos mauvais choix, soit à cause de nos silences. De ce point de vue, c’est très réussi : on a envie d’intervenir, de secouer les personnages, de les secourir, de les réconforter, on s’identifie, on compatit, on vibre avec eux.Mais pas seulement.

Ceux qui ont lu Marc Levy savent ce qu’ai l’attente. L’attente. Je résume pour ceux du fond : un homme, une femme… L’attente. Qu’est-ce qu’on attend ? La rencontre, les regards, les bisous, les chzzee chzeee chezzeeee (cryptage canal +). Or ici, Delphine joue sur cette attente. Vont-ils se rencontrer ? Si oui, quand ? Plusieurs fois les personnages se croisent, sans se rencontrer, et elle joue avec nous dans un espèce de chat et la souris, où notre patience est mise à rude épreuve. Résultat : on dévore le livre.

En tant que tel, on pourra lui reprocher son manque d’histoire. Certes, mais Delphine nous raconte d’abord des vies. Des vies denses. Alors pas de rebondissements, pas d’explosions, pas de grands méchants, non. Juste des vies simples, normales, auxquelles on s’identifie (ouh le X2).

Faut-il le lire ?

Pour un auteur, Foncez ! Cet espèce de jeu d’attente est très intéressant. Je ne l’avais pas vu avant et j’en sors avec l’envie de jouer à mon tour.

Pour un lecteur, foncez ! C’est un livre agréable, prenant, sympathique.

Ps : mention spécial pour la carte 🙂 Les joueurs me comprendront.

 

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