Jésus contre Hitler Ep 1 – Neil Jomunsi

Une soirée, chez un ami, au moment où l’alcool nous rend intelligent :

– En ce moment, dis-je ; la mode est aux séries littéraires.
– Tout ça, c’est de la faute de la télé.
– Mais j’comprends : des personnages récurrents, un format court, un style punchy, c’est cool !
– Tout ça, c’est de la faute de la télé.
– Tu sais, j’en ai même fait un, sur des loups garous.
– Tout ça, c’est de la faute de la télé.
– Ouais, ouais. Sans doute.
– Mais quand même, c’est une vache de bonne idée. Par contre, vu que le format commence à prendre, que des petites maisons d’édition se montent, que tous ces gus se contrefoutent de plaire à la ménagère de moins de 40 ans, je me demande pourquoi il n’y a pas de projets plus barrés.
– A CO ZE DE LA TÉ LÉ !
– Humm. Tu reveux une bière ?
– Juste un doigt d’abord.
Et, je l’ai satisfait…

… mais là n’est pas le sujet.
Non. Le sujet est qu’en surfant, j’ai trouvé un livre numérique plein de promesses, délirant et décoiffant – pour un chauve, le comble ! -, un poil provocateur : « Jésus contre Hitler », sous-titré : « Episode 1 : Zombies nazis en Sibérie ».

Site de l’éditeur :

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Présentation de l’œuvre par l’éditeur :
« Sibérie, fin des années 60. Grâce à la magie noire, le sinistre Adolf Hitler est de retour, plus dément que jamais. Son plan? Ressusciter le plus de cadavres possible et constituer une armée de zombies nazis invincibles! Pour certains, il s’agirait de la Fin du Monde. Pour d’autres, c’est simplement le début d’une nouvelle journée de travail.

Car John J. Christ, chef de l’Agence B, connait bien le problème: il a plus d’une fois affronté le petit moustachu hystérique et sait comment déjouer ses plans démoniaques. À l’aide de son nouveau coéquipier David Goldstein, qui se demande bien pourquoi on a absolument tenu à l’incorporer dans cette unité délirante, John va faire ce qu’il sait faire de mieux: botter les fesses des créatures de cauchemar, des monstres des abysses, des esprits frappeurs et autres méchants en tout genre.

Ha oui, on ne vous avait pas dit? John J. Christ n’est autre que Jésus, le seul, le vrai, l’unique. Et il est en colère. »

C’est un peu kitsch, mais marrant. En tout cas, ça me fait marrer. Et puis, je me suis dit : sur sa croix, Jésus l’avait bien promis : « I ll be back ! ». Alors pourquoi pas, pourquoi ne pas délirer, même si c’est avec des icônes pouvant choquer (je dirai même plus, surtout avec des icônes pouvant choquer).
Et donc je l’ai lu.

Rembobinons maintenant.
Pziut cluuuut pziuuuuut.
« Une soirée, chez un ami, au moment où l’alcool nous rend intelligent :
– En ce moment, dis-je ; la mode est aux séries littéraires. »

Avançons un peu plus.
« j’ai trouvé un livre numérique plein de promesses, délirant et décoiffant – pour un chauve, le comble ! -, un poil provocateur : « Jésus contre Hitler », sous-titré : « Episode 1 : Zombies nazis en Sibérie ». »
Voilà.
Invocation de l’auteur : « NEIL JOMUNSI NO JUSTSU ! »

Normalement ça devrait marcher.

Neil ? es-tu là ?
Heu… Oui, je crois. Mais si tu me demandes ça, c’est que tu as trop bu. Je suis juste en face de toi, mec.

Ca va ?
Oui. Mais je ne peux pas en dire autant de toi.

Peux-tu te présenter aux milliards de lecteurs ?
Hum. Bonjour. Je suis Neil Jomunsi, j’écris des choses improbables. Des textes que des maisons d’édition traditionnelles ne voudront jamais publier. Des trucs impossible à montrer, voire à lire. Bref, des bouquins réjouissants avec des zombies, des extraterrestres, Jésus en chef d’une agence gouvernementale ultra secrète. Mais il m’arrive aussi d’écrire des trucs plus sérieux. Enfin, des histoires avec des monstres, quoi.

Mais sinon, ça va vraiment ?
Et mon poing dans ta gueule ?

Je demande ça par rapport au sujet : comment t’es venue une idée pareille ?
Comme tu le disais tout à l’heure sur le sofa de ton salon, la mode est aux séries littéraires : un héros charismatique, une trame qui se répète et des situations déclinées à l’infini. Après, tu mets les thèmes que tu veux, enfin les thèmes qui te bottent. De mon côté, j’aime les univers décalés, ouvertement kitsch, qui n’ont pas peut de frôler l’autodérision. Jésus contre Hitler, on ne peut pas faire beaucoup mieux question good guy / bad guy.

N’as-tu pas eu peur de te retrouver avec la LICRA sur le dos ? Les fondamentalistes ? Les Néo nazis ? Les écolos ?
J’ai eu peur des écolos à un moment de ma vie mais pour une autre raison : j’avais pris ma carte au parti. Mais j’ai guéri depuis. Quant aux autres que tu évoques, ils sont bien plus occupés à d’autres choses. Ce qui prouve bien que peu de gens lisent encore en numérique. J’aurais peut-être acheté une serrure supplémentaire si j’avais publié chez Albin Michel. Dans le cas présent, c’était un risque assez calculé. Mais je ne cracherais pas contre un petit sermon médiatisé à St Nicolas du Chardonnet.

Tu n’as pas eu d’arrières pensés ? D’autocensure ? De craintes pour toi et tes proches ?
Non, pas du tout.  J’ai laissé libre cours à mon imagination sans me préoccuper du reste. Il fallait que ce soit marrant autant à lire qu’à écrire, point barre. C’est d’ailleurs la sensation que j’ai cherché à reproduire dans l’épisode 2, qui sort ces jours-ci.

La maison d’édition t’a suivi d’entrée de jeu ?
Tu rigoles ! Ce sont eux qui m’ont poussé pour que je le fasse ! Ce sont des barges chez Walrus. Des allumés de la première heure.

Ma question préférée c’est « pourquoi ». Donc : pourquoi un tel casting ? Pourquoi renommer Jésus en John (un rapport avec John Smith ?) ? Pourquoi un militaire juif ? pourquoi des zombies nazis ? Pourquoi aucun musulman ?
(Oui ça fait un peu salve, mais je cherche la genèse d’un tel projet 🙂 tout comme les innombrables lecteurs de ces itws non lues)
Quand tu écris un truc comme ça, tu vas chercher les clichés pour mieux t’en servir et les retourner. En plus, ça crée des personnages archétypaux faciles à retenir pour le lecteur. Jésus s’appelle John parce qu’au fond, il cherche le rêve américain en revenant sur terre : il repart de zéro, il refait sa vie, sa carrière. Et puis il a envie de tirer un trait sur le passé. Le militaire juif, quand on affronte Hitler, ça s’impose, non ? Il fallait bien un juif dans l’histoire, sinon ce ne serait pas drôle. Quant à l’absence de musulmans, c’est un oubli qui sera réparé des les prochains épisodes. J’en ai un en tête qui pourra faire un bon personnage. Et puis les zombies nazis… parce que ce sont les méchants parfaits, non ?

Le sous-titre indique : « Episode 1 ».
Les épisodes ont-ils un nombre de caractères fixes ? Si oui, combien ?
Sais-tu déjà combien d’épisodes va contenir la série « Jésus Versus » ?
Y aura-t-il un Jésus versus Chuck Norris ? L’EPISODE LE PLUS ATTENDU PAR DIEU !
Quel sera le prix des prochains épisodes ?
Environ 100.000 à 150.000 caractères par épisode. Concernant le nombre d’épisodes, écoute, ce sera jusqu’à ce que ça devienne lassant. J’ai des tonnes d’idées pour cette série, je peux y mettre tout ce que je veux. Ça peut durer des années comme ça peut finir demain, mais en tout cas, je suis motivé. Concernant un Jésus contre Chuck Norris, l’histoire se passe dans les années 60-70, mais je suis persuadé qu’il pourrait croiser le chemin de Jésus à un moment. Chuck Norris formé par Jésus, ça peut avoir de la gueule, non ?

Les épisodes suivants seront à 1,49€ à priori.

A la lecture, il y a un côté pulp très présent. On jurerait que tu es fan du cinéma des années 80 (j’ai cru sentir des zest d’Indiana Jones). Je suis un bon profileur ou un sale psy de comptoir ?
Non, tu es tombé juste. J’aime le cinéma des années 80, c’est une évidence, c’est celui qui m’a nourri, m’a fait grandir. En fait, j’aime le « cinéma de postulat », un truc qu’on faisait dans les années 80 et qu’on ne fait plus vraiment. Je m’explique. Quand dans Gremlins, on te dit qu’il ne faut pas donner à manger au Mogwai après minuit, tu ne te poses pas la question de la crédibilité du truc, ni du fuseau horaire, etc. Tu prends le truc pour argent comptant, c’est le postulat. Si tu n’y crois pas, le film ne tient plus. Pareil pour Retour vers le Futur, le gimmick des 88 miles à l’heure, si tu ne prends pas ça pour postulat, c’est mort. Aujourd’hui, il faut tout expliquer. Batman est une sorte de Jack Bauer super réaliste, Spiderman le fruit d’une expérience génétique au cœur d’un complot mêlant ses parents, bref, faut tout expliquer. Mais je n’ai pas envie de regarder toujours le même épisode des Experts… Tu vois ?

Tu as eu d’autres influences ? (humaines, non-humaines, extra-terrestres, autres – rayer les mentions inutiles)
La littérature fantastique en règle générale, Lovecraft en particulier, mais ça s’étend à Neil Gaiman, HG Wells,  Bradbury, Orwell, etc mais aussi la littérature un peu « choc » américaine, à la Hunter Thompson, Christopher Moore ou Chuck Palahniuk.

La construction de l’histoire utilise un peu les mêmes ficelles que les films des années 80 : recrutement, intronisation, largage, infiltration, boumjt’attrape, combat, victoire. Non ? Bien que classique, le schéma est  terriblement efficace. On est pris par le rythme, on se laisse emporter. Et grâce à l’œil extérieur de la « recrue », on découvre un univers secret, en même temps que lui. Mêmes interrogations, même curiosité. Un mot là dessus ?
Oui, c’est encore le principe de l’histoire archétypale : tu rends une trame classique pour la rendre extraordinaire avec ton point de vue et les ingrédients que tu y glisses. Tous les films, en tout cas les bons films, fonctionnent comme ça, les légendes mythologiques également. Le héros vit sa vie tranquillement, puis quelque chose arrive, alors il doit faire un choix : y aller ou pas. En règle générale, il accepte l’appel de l’aventure, sinon il n’y aurait pas d’histoire. Je ne vais pas te faire un cours de dramaturgie mais c’est effectivement un sujet qui me passionne.

L’arrivée de Jésus fait très « Superman ». Les pouvoirs en moins. D’ailleurs, en a-t-il vraiment des pouvoirs ? Il ressuscite, mais en dehors de ça ?
Ça, vous le découvrirez dans les prochains épisodes. Dans le 2, on découvre une faculté de John qui n’apparaissait pas dans le premier. Je me laisse la liberté d’imaginer qu’il possède encore de nombreux pouvoirs cachés.

Comment joue-t-on avec un tel personnage ? Peut-on tout lui faire faire ? (exemple, il aurait pu tomber amoureux d’une soldate allemande morte aux sehr groB gougouttes ; mais en fait non, ça faisait un peu trop la nécrophilie…)
Ce n’est pas trop mon genre d’humour. J’aime quand c’est assez subtil, quand même. Léger. Oui, je sais, c’est Jésus contre Hitler. Mais John a une certaine classe, tout comme Goldstein. Il faut que le héros puisse être aimé des lecteurs, sinon c’est foutu.

Hitler est immortel dans ton texte. A-t-il d’autres pouvoirs ?
Non, a priori, Hitler est « seulement » immortel. Enfin pas tout à fait, puisqu’il semblerait que John cherche un moyen de l’envoyer manger les pissenlits par la racine. C’est donc que ce moyen doit exister, j’imagine. Je pense que la série se clôturera avec la mort d’Hitler. Mais encore une fois, c’est seulement une piste. Et on ne sait pas ce qui se passera, surtout si Hollywood décide de racheter la franchise, haha !

Il est aussi un peu ridicule. C’est l’humour qui permet de dire « oh les mecs, ce texte est du 30 000e degré » ?
Oui, un texte comme celui-ci est incompatible avec l’idée de sérieux. Tout doit pouvoir être pris au 1.000 degré. On touche à des sujets forts, Jésus, Hitler, la Shoah n’est pas loin… Je ne veux aucune ambiguïté à ce sujet. C’est de l’humour, assumé et pas spécialement blasphématoire. Les personnages ne sont qu’un prétexte.

Pour revenir sur l’histoire, j’ai été étonné que l’action se passe en Sibérie : dans les années 60, la Sibérie appartient à l’URSS, or l’URSS n’aimait pas plus que ça les nazis. Pourquoi ce lieu ?
Parce que c’est classe ? Je n’ai pas d’autre raison. Et puis j’aime bien la neige.

Un autre m’a turlupiné : en 15 ans, les corps des soldats allemands ont largement eu le temps de se liquéfier… (j’adore Bones) Les années 60, n’était-ce pas un poil trop tard ?
Encore une fois, parce que c’est classe… et que j’aime les postulats. Sinon, on ne fait pas d’histoires de ce type.

Et ces zombies, ont-ils une particularité par rapport aux zombies de « Walking Dead », des films ou des jeux vidéos (parfois ils courent, rarement ils réfléchissent, une fois même, c’était des zombies partouzeurs – youtubez ça, vous trouverez).
Ils sont une grosse particularité : ils sont nazis ! Et ça, mec, ça fait une différence. Je n’ai pas vu l’ombre d’un nazi dans Walking Dead. Sinon, écoute, ils sont plutôt cons, mais comme tous les zombies, non ?

Tiens d’ailleurs, tu es plutôt du genre à planifier ton texte ou à le rédiger dans la foulée ?
J’aime avoir une trame générale : des points de pivot, une dizaine en générale, des repères en forme de passages obligatoires qui m’aiguillent sur le chemin. Donc oui, je sais où ça va. Après, pour les détails, les personnages s’animent parfois tout seuls. Quant au rythme général des épisodes, je laisse la motivation grandir jusqu’à ce que ça devienne insupportable. Et ensuite, j’écris à toute vitesse.

Au moment d’écrire, tous les auteurs de demandent : « comment vais-je raconter ça ». Autant l’idée du « Jésus Versus » est drôle et décalée, autant la narration m’est apparue comme sérieuse et classique : point de vue extérieur (comprendre « à la troisième personne »), utilisant les temps de narration (comprendre « au passé ») ; est-ce à dire qu’on peut tout raconter mais pas n’importe comment ? Tu tiens à ce côté un peu classique ?
Non, pas spécialement. Mais comme c’est déjà un peu barré, j’ai préféré privilégier la lisibilité avec un style clair, classique. Je ne suis pas très fan des récits à la première personne. Il faut vraiment du talent et de l’expérience pour se mettre complètement à la place de quelqu’un.

Lorsqu’on lit ce texte, on sent une influence visuelle. On jurerait que tu es fan du cinéma des années 80 (j’ai cru sentir des zest d’Indiana Jones). Je suis un bon profileur ou un sale psy de comptoir ?
Non, tu es tombé juste. J’aime le cinéma des années 80, c’est une évidence, c’est celui qui m’a nourri, m’a fait grandir. En fait, j’aime le « cinéma de postulat », un truc qu’on faisait dans les années 80 et qu’on ne fait plus vraiment. Je m’explique. Quand dans Gremlins, on te dit qu’il ne faut pas donner à manger au Mogwai après minuit, tu ne te poses pas la question de la crédibilité du truc, ni du fuseau horaire, etc. Tu prends le truc pour argent comptant, c’est le postulat. Si tu n’y crois pas, le film ne tient plus. Pareil pour Retour vers le Futur, le gimmick des 88 miles à l’heure, si tu ne prends pas ça pour postulat, c’est mort. Aujourd’hui, il faut tout expliquer. Batman est une sorte de Jack Bauer super réaliste, Spiderman le fruit d’une expérience génétique au cœur d’un complot mêlant ses parents, bref, faut tout expliquer. Mais je n’ai pas envie de regarder toujours le même épisode des Experts… Tu vois ?

J’ai Alzheimer, l’as-tu remarqué ?
Ha non, pas du tout.

Pour finir, qu’elle est ton actualité littéraire ?
Je viens de sortir, toujours chez Walrus, un album pour enfants intitulé « Moi Bobby Bébé Zombie » qu’on peut trouver ici : http://www.walrus-books.com/2012/09/moi-bobby-bebe-zombie-un-conte-a-croquer/
Oui, je sais, le thème du zombie est récurrent. Mais là, je vais les laisser un peu de côté pour me consacrer à d’autres méchants. Quant à Jésus contre Hitler, l’épisode 2 sera sûrement sorti au moment où vous lirez ces lignes. Il s’appelle Tentacules en folie et se déroulera dans l’univers de Lovecraft : le grand Cthulhu se réveille et tente de détruire le monde ! C’est une affaire pour John et David, non ?

Et tes projets ?
Un roman plus sérieux. J’ai envie d’écrire ça depuis longtemps, sans jamais en trouver le temps. Mais je vais faire un effort. Et puis la série continue !

Voilà, j’ai été ravi de pouvoir interviewer un auteur en vie – je crois -, qui ose, qui est drôle, et qui écrit bien.

Veux-tu ajouter un dernier mot ?
Aubergine. C’est bon, ça. Et merci de ton accueil !

Des années plus tard, une soirée chez un ami, au moment où l’alcool nous rend intelligent :
– T’as vu la dernière série télé US ? Jésus contre Hitler. Abusé.
– Respecte rien la télé.
– Non mais les bouquins étaient sympa. Seulement Chuck Norris pour jouer Jésus. Abusé.
– Respecte rien la télé.
– Il a combien maintenant ? 90 piges ? Et l’autre, Hitler. Ils ont pris un noir.
– Respecte rien la télé.
– Je te jure, je donnerai cher pour mettre la main sur les scénaristes…
– RESPECTE RIEN LA TÉLÉ !
– Ouais, ouais. Tu reveux une bière ?
– Juste un doigt d’abord.
– Et merde…

Faut- il le lire ?
Pour les auteurs : oui !
Nous sommes trop sérieux. Et Neil nous donne une véritable leçon. Certain diront qu’elle est de mauvais de goût, pour ma part, je l’ai adoré.
Pour les lecteurs : oui !
Foncez. C’est tout.

Et vivement la suite.

 

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