Depuis que j’écris, je construis des univers. Pas seulement des intrigues ou des personnages mais des mondes entiers, avec leurs règles, leurs contradictions, leurs zones d’ombre.
Pour moi, Myala existe au-delà de ses enquêtes. Paris, Montreuil, la banlieue sont autant de lieux qui se déploient dans mon imaginaire et qui se fixent peu à peu.
Les Éboueurs de l’espace existent grâce à leur première mission, mais je sens que l’univers cherche à se déployer au delà de la nouvelle.
Que faire ? Continuer à écrire, à déployer tout ça ou tenter de partager ces univers en dehors du livre. Vache question !
Depuis quelque temps, cette question me trotte dans la tête.
Et si ces univers pouvaient exister sans moi ?
Et si ces univers pouvaient exister en vous ?
OK, mais comment ? (Vache question 2 ! le retour)
Comment faire en sorte que les lectrices et les lecteurs racontent leurs propres histoires dans mes mondes ? En écrivant eux-mêmes. Parce que l’idée derrière est bien de vous mettre le pied à l’étrier, de vous proposer un outil qui vous guidera pour écrire vos premiers textes et puis qui sait, qui vous permettra ensuite de construire vos propres histoires 🙂
Pour y arriver, j’ai commencé à développer une série de fascicules — qui appartiendront vraisemblablement à la collection Backdoor (j’en suis encore à la phase prototypage hein) — qui fonctionnent un peu comme des jeux de rôle solo, mais dont l’objectif premier est l’écriture plutôt que le jeu.
Y a des tables aléatoires, on lance des dés, on construit un personnage, une situation, une tension. Et ensuite on écrit.
Le dé n’est qu’un déclencheur.
La vraie matière, c’est la narration.
Là vous allez me dire : tu fais encore du transmédia !
Oui et non. Des univers étendus à la rigueur 🙂
Ou alors vous allez me dire : tu veux former tes futurs concurrents ?
Oui et non. Je voudrai juste que tout le monde utilise plus son imaginaire, parce que l’imaginaire, c’est comme un muscle. Si on le fait pas bosser, bin il est pas très performant. Et ça donne des vies toutes tristounes.
Alors oui, D’un côté, ça m’intéresse que d’autre que moi s’empare de Paris 2050 ou de la station DexyKill, de voir comment ça vit, évolue, ébulitionne en dehors de moi.
-> des personnages que je n’aurais pas imaginés.
-> des questions auxquelles je n’avais pas pensé à répondre.
=> Un monde qui n’existe qu’à travers un seul auteur est un monde fragile (AMHA). Un monde que d’autres s’approprient devient quelque chose de plus solide et de plus vivant.
Je sais, je suis pas le premier à rêver de ça. Beaucoup ont tenté d’ouvrir leur univers sans y parvenir. Parce qu’au delà de l’envie, faut des conditions pour que ça marche – notamment que le bouquin soit connu (genre comme les fan fictions Harry Potter).
La future et éventuelle collection Backdoor est censée fournir ces outils de création pour les lecteurs. Est-ce qu’elle existera un jour ? Je sais pas. Je vais essayer.
À ce jour, j’ai un prototype léger pour Les Éboueurs de l’espace et un proto plus trapu pour Myala. Avant de valider tout ça, va falloir s’assurer que ça fonctionne. Pi sans doute trouver des fonds si jamais y a besoin d’illustrations…
Enfin voilà, c’était ma news du jour, ma réflexion du moment et mon interrogation actuelle 🙂
