Love, death & robots – une AT animée

Love, death & robots est une anthologie animée. Différentes nouvelles se succèdent, avec différents styles. Elles proviennent de différents studios, elles ont différents réalisateurs, différents scénaristes, les technologies utilisées ne sont pas les mêmes et l’on passe de la 3D léchée type réaliste/jeu vidéo à de la 3D plus typée cartoon voire qui ressemble à de la 2D.
On pourrait craindre que ce ramassis d’exercices de style ne donne pas un ensemble cohérent, ce qui arrive souvent lorsqu’on se retrouve face à une AT, et c’est un peu le cas. Mais ce n’est pas grave. Car des nouvelles animées, tout comme des nouvelles littéraires, permettent de tester des styles, des ambiances, des univers.
On assiste donc à des démonstrations de force des studios, de leur capacité technique et de leur « esprit ».
Sans les citer tous, je vais revenir sur les projets qui m’ont le plus plu.

L’avantage de Sonnie, réalisé par Dave Wilson et écrit par Philip Gelatt, produit par Blur Studio, est un court métrage qui nous place dans un univers dense, âpre, qui nous capte tout de suite. Les enjeux sont bien là, le combat des monstres nous parle (nous avons tous vu Pokemon) et le tout est efficace. L’histoire se basant sur un livre de Peter F. Hamilton, je me suis promis de lire le roman tellement j’avais adhéré à l’univers.

Les trois robots, réalisé par Victor Maldonado et Alfredo Torres, écrit par Philipp Gelatt et produit par Blow studio, est un court qui commence d’une manière intéressante : nous suivons trois robots qui visitent les restes d’une ville et qui se comportent tels des archéologues, essayant de comprendre et de mimer les comportements humains. Drôles, attachants, les robots font preuve d’une humanité touchante. La fin, rigolote, vient un peu casser l’aspect exploratoire pour amener une chute surprenante. Finalement, cette chute est oubliable au regard des liens et de la dynamique entre les trois protagonistes.

Des fermiers équipés, réalisé par Franck Balson, écrit par Philipp Gelatt et produit par Blur Studio est pour moi le meilleur des courts proposés : que ce soit les graphismes, l’animation, l’histoire et même la chute, tout est réussi. Et je ne parle pas des personnages qui sont immédiatement attachants. J’aimerai vraiment qu’ils partent de ces fermiers pour produire un long métrage, une série…

Un vieux démon, réalisé par Owen Sullivan, écrit par Philipp Gelatt et produit par le studio La cachette. Graphismes beaucoup plus marqués, une proposition très 2D, avec humour, violence, digne d’un blockbuster des années 90. Là encore, la chute n’est pas vraiment une fin, elle laisse un arrière de goût de tout ça pour en arriver là, mais les personnages, l’animation font que ce court est mémorable. Vivement qu’ils passent au long métrage !

Voilà pour le topo rapide des propositions qui m’ont marqué. D’autres sont intéressants, comme La décharge (amusant dans l’univers proposé) ou Derrière la faille (plutôt typé horreur avec une 3D proche de celle des jeux vidéo). Quant aux autres, je n’en garderai pas un grand souvenir. Soit parce que le scénario ne proposait pas grand chose de neuf, soit parce que la réalisation manquait d’originalité. Parce qu’aujourd’hui, la difficulté n’est plus dans la capacité à mettre en scène ce qu’on souhaite, dans la manière de représenter les délires des auteurs, mais bien d’avoir des auteurs qui proposent aux équipes artistiques de bonnes histoires, complètes, complexes, avec des personnages qui favorisent l’identification ou qui provoquent une certaine forme d’affection.
Du côté de l’écriture justement, Love, death & robots nous a proposé quelques tentatives très intéressantes.
J’espère qu’une deuxième saison viendra nous apporter un peu plus d’originalité, de punch, tout en permettant à des studio de faire montre de leurs compétences.

Allez, tchuB

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