La bagarre !

Hasard du calendrier, j’ai regardé 3 mangas traitant de combats : 

  • Mégalobox,
  • Kengan Ashura,
  • Levius.

C’est 3 mangas, de loin, racontent tous des histoires de bagarres. Il s’agit chaque fois de monter sur un ring, ou une arène, d’affronter un adversaire en un contre un et sans arme. Entre en ligne de compte la force, l’intelligence, la technique et la détermination. Il y a aussi une petite prise de risque du type : « Pour vaincre cet ennemi, je vais mettre ma vie en jeu. » Parce que sinon c’est pas drôle.

Dans les cas on suit un héros qui va affronter des adversaires, qui va devoir s’entrainer, souffrir et se surpasser pour les surpasser. Les intrigues sont plus ou moins linéaires et on se retrouve à suivre une succession de combat que le héros va remporter. Autour du héros gravite plusieurs personnages secondaires, tantôt des sidekicks, tantôt des mentors, voire des aides. Le héros et les adversaires possèdent une motivation intrinsèque qui fait que le combat n’est pas un simple échange de coups : le héros cherche à travers ses combats à obtenir quelque chose (atteindre ses rêves, parvenir à ses fins, atteindre une forme de rédemption, etc). L’adversaire quant à lui cherche à défendre son honneur, son statut, son héritage ou toute autre excuse valable pour faire face au héros et se prendre une ratatouille.

Les séries se concluent sur des victoires, des semi-victoires ou ne se concluent pas vraiment (ayant l’espoir avoué de vendre une saison 2).

À partir de ces points communs, que nous disent ces mangas sur la violence et le combat. Chacune de ses séries met en avant le combat dans un contexte particulier. Ce contexte donne aux combats une valeur spécifique.

Dans Mégalobox, nous sommes face à un Rocky avec des bras aux armatures mécaniques. Les combats sont encadrés, le « jeu » possède des règles, différents niveaux (des combats dans des salles de seconde zone aux plus beau ring pour les champions). La lecture y est sociale : le héros combat pour exister, pour atteindre ses rêves, pour défier le système et prouver qu’on peut s’en sortir. Pour le mettre en scène, il renonce à ses renforts mécaniques et se bat « à l’ancienne ». Il prouve que sa détermination, sa force et sa capacité d’encaissement sont de loin supérieures à celles de ses adversaires puisque lui, combat sans artifice. Cette volonté de surpasser l’adversité avec son seul courage est remarquable et cette fresque sociale est servie par un doublage incroyable. L’oeuvre se regarde avec un plaisir certain et tout comme dans un Rocky, on se prend à soutenir le héros dans sa quête d’ascension. Ses rêves de réussite nous parle. Ses échecs nous giflent.

Le combat est un moteur d’ascension social, de réussite. Il est la métaphore des difficultés de la vie.

https://en.wikipedia.org/wiki/Megalo_Box

Kengan Ashura nous raconte une autre histoire. Cette fois, les combats servent de régulateurs économiques : de grands patrons utilisent des combattants, un peu comme des Pokemons, pour résoudre leurs problèmes commerciaux. Un contrat à négocier entre deux boites se joue sur un combat. Le vainqueur remporte le contrat. Les règles sont lâches, tous les coups sont permis, ou presque. Les combattants sont des sortent de gladiateurs qui s’affrontent dans des arènes. La particularité de ce manga est qu’au début, tout semble caricatural : le nom des sociétés, les présentations des combattants, l’impression de regarder une scénarisation de jeu vidéo est très présente. Les adversaires possèdent des techniques de combat spécifiques, les coups spéciaux pleuvent, les retournements improbables se succèdent. Puis, petit à petit, on voit les personnages évoluer. Les enjeux augmentent, les risques aussi. La profondeur s’accroit et le ton change.

Quoi qu’il en soit, le combat apparait comme un régulateur économique, mais surtout, comme la métaphore des luttes qui opposent les grandes entreprises et leurs patrons. 

https://en.wikipedia.org/wiki/Kengan_Ashura

L’action de Levius se passe dans un monde différent, dans une sorte d’univers steampunk dans laquelle les blessés portant des prothèses mécaniques s’affrontent. Cette fois le combat possède des règles, les combattants appartiennent à un niveau et grâce aux victoires ils peuvent espérer devenir champion. 

Le combat incarne la vie. C’est le moment dans lequel le héros, marqué par un traumatisme de guerre, se sent vivant. Il affronte des adversaires et reçoit des coups pour se reconnecter à lui-même. Il est figé et les combats se succèdent avec une facilité tristounette. L’enjeu apparait lorsqu’il doit affronter un adversaire qu’il doit sauver (adversaire lié à son traumatisme). Le ring devient alors l’endroit où va se jouer deux destins.

Dans cette oeuvre, le combat n’est pas exaltant comme dans les deux autres. Il est plus technique, plus froid, plus rationnel. Malgré des adversaires haut en couleur, le personnage principal remporte ses victoires en essuyant des coups, mais sans vraiment exploser de joie. Car en vrai, son combat se situe en dehors des combats. 

Le combat de ce cas là n’est qu’une parenthèse de survie et au final, un moyen de rédemption.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Levius

Au final, trois oeuvres, trois regards différents sur le combat, trois visions différentes et donc, trois mises en scène spécifiques. C’est intéressant d’observer comment à partir de sujets si proche, le traitement peut diverger à ce point.

Des trois, j’ai une préférence pour Mégalobox. Sa construction, son rythme et la gouaille des doubleurs m’ont vraiment marqué. Et des trois, c’est celui qui possède la meilleure soundtrack.

Allez, TchuB. 

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