J’ai lu ça : https://www.journaldugeek.com/2026/11/05/robert-laffont-va-publier-un-premier-roman-ecrit-a-lia
Et je ne peux m’empêcher de me sentir en danger. Car même si l’article précise que gna gna gna il a fallu beaucoup de relecture, combien de temps avant qu’un prompt suffisamment long, ou qu’un enchaînement de prompt, permette d’automatiser la « production narrative ».
Je parle de « production narrative » car on est pas – je crois – devant quelque chose d’artistique. On se tient devant une machine qui produit un résultat et qui a été conçu comme tel : les fondateurs des boites d’IA ont la volonté de produire quelque chose qui donne un résultat. Parce que par le résultat, et sa qualité, ils vont pouvoir quantifier le coût du service rendu. Et donc de l’abonnement (ou du token), mais je m’égare.
Nouvel outil ? Nouvelle corde à l’arc des auteurs ? Pour la recherche ? Surtout vu comment évolue google. Comme personnage ? Toi IA, tu joues ton propre rôle et je te copie colle dans mon bouquin ! Pour corriger/relire ? Détecte moi toutes les fautes, les incohérences, les inversions de lettres (si chères à ma dys), les mots manquants ! Mais si je dis réécris moi ce paragraphe, il se passe quoi ? Je deviens quoi ? Et si je lui dis « écris moi ce paragraphe ». Est-ce que mon rôle change encore ?
Faisons un pas de côté. Et si on était face à une nouvelle forme d’écriture. L’écriture promptée. Une nouvelle forme narrative ? Non là non, pour le moment on se contente de refaire grâce à la machine ce que ferait un ouvrier littéraire (enfin un auteur). Mais peut-être une nouvelle écriture. Un nouveau process. Qui fait que l’auteur deviendrait un espèce de directeur artistique ou de narrative designer, qui donne à son scribe numérique les indications qui conviennent pour pondre un roman lettres en main ?
Un volume 2 ? Modifions légèrement le prompt. L’homme de ménage (par exemple). L’homme de ménage se rebelle. L’homme de ménage à Saint Tropez. L’homme de ménage et les extraterrestres. La vengeance de l’homme de ménage.
Peut-être. Mais quid du chemin ? Quid de l’engagement physique, psychologique, temporel de l’écriture ? Quid de la souffrance, de la joie, de la vie qui s’immisce entre les lignes ? Et aussi, quid de l’œuvre perdue au milieu de milliards d’autres pondues tout aussi vite, tout aussi « facilement » ? Tout aussi non lues.
Parce que les romans ne sont plus beaucoup lus.
Parce qu’on leur préfère la narration visuelle, auditive, elles aussi devenues promptables.
J’ai beaucoup trop de questions sur cet outil. Beaucoup de craintes aussi. J’ai réagi à chaud. J’ai peut-être tord. Je vais reprendre un café.
