Midjourney

Midjourney

Sources : https://www.midjourney.com/home/
Définition : https://en.wikipedia.org/wiki/Midjourney
Articles : https://www.lebigdata.fr/midjourney-ia-artiste-tout-savoir
Concurrents : https://swiss.dayfr.com/technology/217411.html

J’arrête là la partie sérieuse. 

Vous aurez compris, il est question des IArtistes (oui, un peu de néologisme dans ce monde de brutes).

Sur les réseaux, depuis juin, se multiplient les oeuvres produites par ces IA. Images ressemblant à des peintures, composition mêlant des détails, HD, 4K, couleurs, les résultats sont très variés et nombre de ces productions rappellent les cartes de Dixit. 

Pour quelqu’un qui travaille sur l’imaginaire, ce type d’outil attise la curiosité : on va pas se mentir, l’image a une portée supérieure au texte. Elle incarne, elle fixe, donne un cadre, transmet des sentiments et des impressions dans une étrange immédiateté  que le texte ne possède pas. Le texte nécessite un décodage (qu’on appelle la lecture), une transmission vers l’imaginaire, imaginaire qui va interpréter ces lettres et ces lignes pour composer une image mentale, une scène, une ambiance, qui vont enfin venir produire les sentiments et les impressions que l’auteur.ice souhaite provoquer chez son lecteur…

Ça parait un peu fumeux expliqué comme ça. Mais c’est un peu comme ça que je le vois.

Alors, comment ça fonctionne ? (instant Jamy) 

Comme dit dans l’article du bigdata, il s’agit d’interpréter des mots pour créer une image. Les ingénieurs ont au préalable scanné des milliers d’ïmages, de tableaux, de… c’est tout je crois. Histoire de nourrir l’imaginaire de l’IArtiste. Avec cette base de connaissance, comparable a des études accélérées aux Beaux arts de Mac do, l’IA est capable de composer des nouvelles images. Je dis bien composer car son process de création repose sur l’assemblage plus que sur l’interprétation. 

Ex avec les termes : « Neuralink and Neurobi launch a grandiose project » (J’ai choisi au pif dans ce qui sortait à cet instant).

Voici une première interprétation. Notez qu’on peut choisir le style en y ajoutant des précisions. Realistic étant souvent la plus indiquée.

De là, si l’on suit la doc Midjouney, il est possible de déclencher des variations suivant ce qui nous plait, suivant la direction qu’on souhaite.

Ex 2 : 

Puis une nouvelle fois pour creuser encore un peu :

On voit la progression. 

De même avec cet exemple (qui m’a fait sourire – les humains sont formidables) : 

Qui a donné à la fin : 

Donc on l’a compris : formuler sa demande, le plus précisément, et faire varier les résultats jusqu’à obtenir quelque chose de satisfaisant. 

Ça semble pas mal. Donc j’ai testé pour vous :

La brigade des loups : Werewolf policeman in Bucarest

Exemple pour Myala (Cyberpunk, police in Paris) :

Je poursuis avec des oeuvres en cours d’écriture :

Les robots (robots in space in a old spaceship) : 

Et Releek (a thief of game in Paris, Black and White) : 

Ok ! 

C’est plutôt pas mal.

Mais ! 

Les images ci-dessus ne sont pas les premières sorties.

Ex La brigade des loups : 

Les corps sont un peu difformes et je ne sais pas pourquoi mais l’Ia a choisi de rester dans une texture « peinture à l’huile ». 

Alors c’est très « in situ », c’est très figuratif, en gros, l’IA tente de mettre en scène ce que je lui indique. 

Quand j’ai bossé avec un vrai artiste, voici ce que j’ai obtenu : 

Deux salles deux ambiances donc.

Pour les robots, je ne suis pas satisfait. Une autre proposition était la suivante : 

J’ai pas vraiment pigé. Mais une chose est sûre, c’est pas du tout dans l’ambiance de l’univers. Donc je ne l’ai pas partagé.

Enfin, pour Releek, voici une autre proposition : 

Je crois que j’avais mis post apo pour tester. Je suis revenu en arrière non seulement parce que c’est trop post apo, mais aussi, parce qu’au fond, on voit rien :/

Sinon, la proposition de base était la suivante : 

J’ai ajouté la couleur pour que cela cadre mieux avec l’univers. Mais là encore, le côté composition donne des copier coller un peu étrange…

Arrivé là, je suis content : j’ai de belles illustrations qui disent quelque chose de mes oeuvres. Mais elles racontent quoi exactement ? Elles incarnent un fragment, un échantillon, un exemple exemplaire si j’ose dire. 

Grâce aux variations, j’ai pu recadrer un peu les propositions, j’ai pu mener les oeuvres numériques vers quelque chose ressemblant plus à ce que j’imaginais… et c’est là qu’il y a un problème, AMHA.

Car il m’arrive de travailler avec des illustrateurs/graphistes. Et si j’ai bien appris une chose, c’est que :

  • ma demande ne se résume pas à une phrase, c’est bien un univers, une ambiance que je cherche à mettre en scène,
  • nous devons nous connecter pour que nos imaginaires entre en résonance (si je puis dire),
  • nous avons bien une étape de négociation artistique qui tient plus de l’ajustement de l’imaginaire ou de l’interprétation,
  • il nous arrive de ne pas être d’accord – et c’est bien, car les propositions viennent enrichir la matériaux de base,
  • le regard de l’artiste sur l’oeuvre va amener autre chose (l’artiste n’est pas un simple exécutant).

Ce dernier point est loin d’être anodin : proposer un univers, c’est aussi donner à l’autre la liberté de se l’approprier. Et quand artiste découvre et interprète un univers sur lequel on a bossé, c’est réjouissant de le découvrir au travers des yeux d’un autre. Cela permet d’adopter un angle nouveau, de l’enrichir, de le faire évoluer dans une direction qui peut être inattendue. 

Au sortir de tout cela, est-ce qu’à mes yeux les BioArtistes ont de beaux jours devant eux ? Je le pense. Car ils n’apportent pas qu’un savoir faire technique. C’est d’ailleurs peut-être ce qu’on pourrait reprocher à nombre de ces outils high tech, de vouloir résumer les savoir faire à des process uniquement technique, oubliant tout le cheminement derrière, tout le savoir être, tout ce qui a fait qu’un homme ou une femme choisisse un angle plutôt qu’un autre. 

Pour moi, il est difficile de parler d’IArtistes. Ce n’est pas de l’art véritablement. Au mieux c’est de la compo, au pire de la digestion recomposée.

Est-ce que ce type d’outils est pour tant utile ? Je le pense : pour convaincre un éditeur, monter un projet, amener des premiers visuels, ça peut s’avérer utile. Le projet suivra ensuite son chemin, digérer par des personnes qui le transformeront au passage 🙂

Est-ce que ce type d’outils va créer un nouveau marché ? Je ne suis pas dupe : tous ces outils estampillés IA sont souvent là pour engendrer de nouveaux marchés. Je n’ai pas regardé les CC associées mais je parierai que des petits malins vont tenter de créer leur propre art book, et c’est dommage. Ils louperont ce qui est fondamentale dans la créa artistique : la rencontre.

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