John Mcaffee, un terroriste moderne – Joshua Davis

– Alors voilà, nous recherchons un nouveau RSSI. Votre cv nous a paru intéressant, d’où votre présence ici.
John observe le DSI, les yeux fixes, figés. Il ne les cligne même pas. Il en est inquiétant.
– Pouvez-vous vous présenter, nous préciser votre parcours et vos motivations.
– Bien, j’ai eu un père violent, alcoolique, une mère passive, aussi, dès que j’ai pu, je suis parti pour gagner de l’argent. J’ai vendu tout ce qui pouvait l’être, même si, certaines agences gouvernementales s’intéressaient à moi. Je ne savais pas encore bien pourquoi, mais je pressentais que je savais quelque chose … Lire la suite

Mourir pour la patrie – Akira Yoshimura

– Vous êtes réunis ici pour défendre.
Les quinze enfants regardent le vieux monsieur barbu et vénérable avec attention. Tous reconnaissent en lui ce père de substitution, ce maître incroyablement doué, ce professeur patient et sage.
– Seuls les meilleurs d’entre-vous aurons la chance de se sacrifier !
Les enfants vibrent. Ils serrent les poings, les dents, les fesses. Tous décidés à combattre jusqu’à leur dernière goutte de sang.
– Entrez dans la forêt interdite et ceux qui reviendront pourront devenir des ninjamouraïs du zodiaque !
Sans hésiter, les enfants s’élancent.
Ils courent, se marchent les uns sur les autres, … Lire la suite

Réparer les vivants – Maylis de Kerangal

Dimanche, place du village. Les camions ont pris possession des lieux, ouvrant leurs entrailles, déroulant leurs étales, les recouvrant de légumes étrangement tous identiques, de fruits, tout aussi identiques, de viandes, et de poissons (la mer étant à 400 km dans à peu près toutes les directions), de fleurs, repeintes fraichement en Hollande, et de vêtements, tout juste sortis d’un container indien, en un mot, le marché, si cher à Jipi Pernault, a pris ses aises.
Qu’on ne s’y trompe pas : j’aime mon marché. Il est plein d’odeur, de saveurs, de textures, de couleurs, il concentre en un minimum … Lire la suite

Mes illusions donnent sur la cour – Sacha Sperling

Michel Serres posa le livre de Sacha Sperling à côté des feuilles couvertes de notes. Il avait passé l’après midi à préparer une intervention pour expliquer à de svieux, combien le smartphone était jeune, et combien sa révolution allait changer le monde, sauf que, les vieux n’y entendraient rien, de toute manière, ils étaient sourds. Mais qu’importe, il y avait mis tout son coeur, reprenant ses jeux habituels, ses tournures brillantes, se préparant tel Gad Elmaleh devant les vrais faux clients LCL, s’octroyant à la fin la lecture d’un roman en moins de vingt cinq minutes, car Mimi, lit vite. … Lire la suite

Tarte aux pommes et fin du monde – Guillaume Siaudeau

Le professeur François Cortex attache son assistant sur la chaise du cobaye. Pieds et poings liés, l’assistant l’observe accomplir ses préparatifs en toute confiance, un peu comme dans la BD Léonard, espérant lui aussi survivre à l’expérience.
Le professeur allume une machine, puis deux. Les ordinateurs ronronnent. Puis Il appuie sur la touche rouge de la Krups. Le moteur vrombit et l’expresso coule. Le professeur prend alors deux minutes de réflexion, tout en savourant un grand cru d’un pays dont il ignore tout, mais dont il suppose que George Clooney connait de fond en comble.
– Tout se passe comme … Lire la suite

La petite mort – Davy Mourier

Journal de midi, TF6. Jean Pierre Pernod Ricard passe sur Kiev, Sotchi et la dernière bombe nucléaire lâchée en plein paicifique, pour s’attarder sur la poterie perpignanaise, artisanat d’art redécouvert en 1943, à l’époque où la France lui plaisait un peu plus qu’aujourd’hui, mais un peu moins que demain (tant il espère un futur azuréen).
D’un coup, le prompteur affiche des lignes imprévues. Un de ces salauds de stagiaire a réalisé un reportage sur une boutique parisienne dont Jean Pierre n’a entendu parler ni d’Eve, ni d’Adam (forcément, puisqu’elle se trouve à Paris, et lui en 1943).
Il l’annonce comme … Lire la suite

Les femmes de Stepford – Ira Levin

Il existe deux manières de recevoir ce livre :
– au premier degré,
– au second.
Au premier degré, les derniers vils machos seront ravis de découvrir qu’un monde où des femmes soumises, parfaites, exécutant tour à tour des tâches ménagères et des parties de jambes en l’air, existent.
Au second, on se rendra compte que ces poupées déshumanisées incarnent une critique d’une époque, d’une société, d’une idéologie, et un peu d’une classe sociale (devenue célèbre grâce à Desparate Housewives, QUE JE NE REGARDAIS PAS !).
Ok, ok, mais notez qu’au second degré, c’est plus intellectuel, et moins marrant.… Lire la suite

Le silence des agneaux – Tomas Harris

– Ne vous approchez pas. Contentez-vous de lui poser vos questions.
– Ok.
– Je vous ai dit de ne pas vous approcher ?
– Quatre ou cinq fois.
– Hum. J’avais raison, ne vous approchez pas.
Le petit directeur qui me parle, est un ancien premier ministre, membre de l’Omp, le docteur Fillton. C’est un médecin calme, aux cheveux grisonnant et au regard chafouin. Il met en confiance. Toutefois, je reste sur mes gardes, car il est tendu : personne n’est plus venu voir sans dangereux prisonnier depuis des décennies. Et il en a perdu l’habitude.
Pour preuve, il … Lire la suite

Raconter la vie – Plusieurs auteurs-citoyens

– Grand père Castord, raconte moi une histoire !
– T’a rien à foutre non ? Va-t’en aux champs ramasser les bett’raves. On doit les distiller fissa pour remonter mon taux d’alcool !
– Okayyy grand père Castord…
Je quittais donc le vieux et son litron pour m’en aller déterrer les betteraves, ces légumes ou fruits, je ne sais pas, violet, moches, et bien accroché à la terre glaiseuse de l’île de France. Tout en ramassant, je sifflotais la chanson : la culture de la betterave, la puissance du port du havre, de Jacques Brel.
Il me fallut plus … Lire la suite

Le rêve Oméga Ép 1 – Jeff Balek

<Explication d’un mystère mystérieux>
Les hommes du Cardinal venaient d’encercler l’auberge. Rapières en main, ils attendaient que Rocherfort leur donne l’ordre d’attaquer.
Rocherfort, sur son cheval, savourait sa victoire. Depuis deux semaines maintenant il poursuivait ces maudits mousquetaires, et voilà ti pas qu’il venait de les coincer grâce à leur plus faible point faible, leur TOC des auberges. Car en effet, depuis que Milady lui avait révélé que les mousquetaires ne pouvaient s’empêcher d’entrer de ces lieux de débauches, d’alcool et maladies vénériennes, Rochefort avait posté un homme devant chaque commerce douteux bordant la route de Paris à Londres. Car … Lire la suite